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    À la cour de Versailles, l'étiquette s'imposait. Toute rencontre s'assujettissait à des codes et des préséances. Le roi Louis XIV les respectait et veillait à ce que son entourage l'imite. Dans le petit univers du château, chacun cherchait à augmenter ses prérogatives en veillant à ce qu'aucun autre ne s'élève au-dessus des siennes, on s'épiait et se jalousait.

    L'étiquette versaillaise a perduré jusqu'à la fin du règne du roi Louis XVI.

     

      

      

    Hygiène 

    Au XVIIe siècle les courtisans ne bénéficiaient pas de commodités fixes comparables à celles d'aujourd'hui. Pour autant, et contrairement à ce qui est souvent rapporté, on ne se soulageait pas sous un escalier ou dans un endroit plus ou moins discret. Des porteurs mettaient à disposition des seaux pour assurer quelque commodité, moyennant une petite rétribution.

    De nombreuses mauvaises odeurs envahissaient par ailleurs le château :

    • les chevaux qui avaient galopé ainsi que la transpiration de leurs cavaliers.
    • les chèvres ou vaches que l'on amenait jusqu'aux appartements des princesses pour le lait.
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    • les courtisans entassés qui se méfiaient de l'eau chaude que la Faculté considérait comme agent propagateur de maladies.

     

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    Pour masquer ces odeurs fortes, on parfumait la crasse de patchouli, de musc, de civette, de tubéreuse etc. La diffusion des parfums se faisait par :

    • des soufflets
    • des pastilles à brûler.
    • des cassolettes contenant de l'eau de mille fleurs.
    • les gants parfumés que l'on se procurait chez le gantier parfumeur.

     

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    Les demoiselles masquaient leur mauvaise haleine avec des plantes aromatiques telles que cannelle, clou de girofle, fenouil, menthe, marjolaine, thym, pouliot, fleur de lavande ou mélilot. Madame de Sévigné décrivit la toilette de la duchesse de Bourbon qui se frisait et se poudrait elle-même tout en mangeant :

      

      Dress, 17th century

    «…les mêmes doigts tiennent alternativement la houppe et le pain au pot, elle mange sa poudre et graisse ses cheveux ; le tout ensemble fait un fort bon déjeuner et une charmante coiffure… ».

      

      

      

    Les poudres se dissimulaient dans les coffres à vêtement ou sur soi dans des sachets.

     

     

     

     

    Un appartement de bain fut installé par Louis XIV en 1675 au premier étage du château. À la fin de sa vie, le roi, surnommé le « doux fleurant », se parfumait à la fleur d'oranger et il fallait prendre garde en s'approchant de lui, à ne pas lui chagriner les narines avec un parfum qu'il ne supportait plus.

     

     

      

    Selon les guides et conférenciers de Versailles, le roi se lavait tous les jours, l'après-midi en rentrant de chasse.

    Les salles de bains comportaient deux baignoires :

      

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    l'une pour se savonner, l'autre pour se rincer. Le roi recevait pendant ses bains.

      

    Les cuves étaient en cuivre, tapissées de linge pour ne pas irriter la peau.

     

     

      

      

    Deux robinets pour l'eau chaude et froide étaient reliés à un énorme réservoir alimenté par des valets (appelés « baigneurs-étuvistes ») tous les jours.

      

    Au temps de Louis XIV, l'eau avait mauvaise réputation (il préférait pour son hygiène se frotter le corps avec un linge sec ou imbibé de vinaigre ou d'alcool, en toile - d'où le terme de toilette - tandis que Louis XV se faisait frotter avec un pain de Marseille), mais le château comptait de multiples salles de bain ; Louis XV en fit démolir plus de la moitié pour agrandir la chambre de sa fille.

      

    L'eau est extrêmement chaude, on se repose des « fatigues du bain » dans une autre pièce, la « chambre des bains » dans laquelle le roi se faisait masser et épiler. Les cheveux ne doivent pas être mouillés ; ils sont frisés au fer, coiffés pour être dégraissés. Il arrive que le temps manque pour la coiffure, alors on met la perruque.

      

    Les hommes se baignent nus, les femmes ont une chemise spéciale.

     

     

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    Les femmes aussi reçoivent pendant leur bain par leurs femmes de chambre, les « baigneuses » qui préparent le « bain de modestie » (sachets de poudre d'amande, d'écorces d'orange, de racines d'iris parfumant le bain et assouplissant la peau), la baignoire en cuivre de Marie-Antoinette étant par exemple garnie de trois coussins remplis de plantes, l'un pour s'asseoir, les deux autres pour se frictionner.

     

      

    Les parfums au XVIIe siècle

    Au temps où le tabac avait beaucoup de succès, on ne pouvait dire que l'hygiène était une préoccupation existentielle. Des coussins de fleurs séchées et des seringues à eau de parfum combattaient les odeurs importunes.

    Des pâtes parfumées en forme d'oiseau étaient suspendues au plafond. Pour changer l'atmosphère, on usait des pastilles à brûler mais aussi des soufflets et des aspersoirs.

    Chaque jour de la semaine avait son parfum et l'on disait que le Roi -Soleil et ses courtisans s'inondaient de senteurs pour masquer les fumets corporels.

    Ainsi rapportait-on que la reine Margot était "jambonnée comme un fond de poêle" et que les orteils expressifs de madame de Montespan l'avaient fait nommer "doux fleurant".

    Néanmoins, la corporation des gantiers parfumeurs fut soutenue par Colbert et Grasse devint le centre de la parfumerie européenne.

    Comme pour les siècles précédents, le parfum était utilisé pour lutter contre les épidémies. Ainsi, à Lyon, en 1628, pour enrayer les ravages de la peste, fut organisée par les parfumeurs une désinfection générale des placards. Ils pratiquèrent des fumigations à base de soufre, d'antimoine, d'orpiment et de camphre.

    C'est au milieu du XVIIe siècle, que fut inventée l'Eau admirable plus connue de nos jours sous le nom d'eau de Cologne.

      

    A base de citron, de bergamote, de bigarade, de néroli et de romarin, cette eau de toilette attribuée à Jean-Marie Farina fut appréciée plus tard par Napoléon.

     

    La toilette du matin  

     

    Elles le prennent le matin, le cérémonial de la toilette peut durer quatre heures pour la reine. C'est l'occasion de prendre des leçons de langue, de faire venir un professeur. Le bain n'est pas un moment de détente complète.

      

    Le petit déjeuner n'existe pas alors, les gens ont coutume de prendre une tasse de liquide chaud durant le bain. Marie-Antoinette prenait un thé au citron. Les femmes ne se mouillent jamais les cheveux elles non plus, elles les font peigner parfois pendant des heures pour les dégraisser.

      

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    Pendant le bain, elles les attachent avec une toile plus ou moins volumineuse appelée charlotte.

      

    Les salles de bains sont des petites pièces étroites, des cabinets dont la porte est discrète dans les murs de la chambre.

     

     

    Les vertus de l'eau étaient beaucoup moins reconnues au XVIe et au XVIIe siècle qu'au temps de Louis XVI. L'eau était porteuse de maladie ; certains courtisans ne devaient pas avoir accès tous les jours à une salle de bains. Ainsi les gens pratiquaient la toilette sèche ; on changeait de vêtement six à huit fois par jour.

      

      Late 17th century robe de cour

      

    Mode féminine

    Pendant longtemps, les femmes furent habillées par des tailleurs masculins, mais les couturières finirent par se faire reconnaître. Les plus connues furent Madame Villeuneuve et Madame Charpentier.

     

     

    La mode féminine quant à elle, était bien souvent dictée par les maîtresses royales. Les dames dépensaient alors sans compter pour leurs toilettes et affichaient leurs richesses sur la garniture de leurs jupes faites de brocarts d’or, damas, satin, velours, le tout surchargé de dentelles, passementeries, de prétintailles (découpes d'étoffes qui servaient d'ornement sur les vêtements féminins).

     

      

    Les falbalas (bandes d'étoffe froncées en largeur garnissant les toilettes féminines) firent leur apparition vers 1676 et les déshabillés, au sens de toilettes simples, non habillées, vers 1672.

     

     

     

     

    Les pièces principales de la toilette féminine se composaient de robes ou jupes accompagnées de corsets (appelés « grand corps »), une quantité impressionnante de tissus, de bout d'étoffes, de dentelles que l'on fixait dans la journée avec des épingles.

      

    La jupe de dessus était large et laissait entrevoir d'autres jupes plus étroites que l'on portaient en dessous.

      

    La première portait le nom de « modeste »,

      

    la seconde était la « friponne » et la dernière se nommait la « secrète ».

      

      

    Les deux jupes de-dessous étaient faites de tabis (sorte de moire de soie) ou de taffetas, celle du dessus par contre, était faites de velours, satins, soieries et autres moires.

      

    Cette dernière jupe était relevée légèrement sur le côté pour ainsi découvrir la seconde et se prolongeait par une traîne que l’on appelait « manteau » ou « queue ». Cette traîne déterminait, selon sa longueur, le rang d’une femme.

      

      

    Ainsi, une duchesse avait une queue de cinq aunes, une princesse de sang de six, une petite-fille de roi de sept, une fille de France de neuf et le maximum était pour la reine qui voyait sa robe se pourvoir d'une traîne de onze aunes.

    Le corset était une espèce de gaine, emboîtant la poitrine depuis le dessous des seins jusqu’à la dernière côte, s’arrêtant en pointe sur le ventre et fort serré à la taille. Il donnait un maintien extrêmement noble aux femmes, mais provoquait des accidents lorsqu'on le serrait trop. Il se voulait tantôt souple, tantôt rigide.

      

      

    Le décolleté, quant à lui, se voulait généreux, laissant entrevoir la naissance des seins, la forme ovale appartient au « grand habit », porté pour les cérémonies de lever par exemple, tandis que la forme carrée appartient à la « robe à la française », plus fantaisiste. Les manches étaient courtes et échancrées, parfois garnies de dentelles, appelées « petits bonshommes ». Le soir, les robes se paraient de satins et autres brocards. Le corps décolleté était serré à l'extrême pour rendre la taille très fine.

      

      

    D'où les malaises et évanouissements répétés des femmes de la cour. On put distinguer dans les années 1630 plus de cinquante nuances pour les bas de ces dames. Des couleurs aux noms extravagants telles que : « ventre de biche », « veuve réjouie », « trépassé revenu » et autre « baise-moi ma mignonne »…

    Le XVIIe siècle se vit dépourvu de sous-vêtements. Le caleçon que Catherine de Médicis avait réussi à implanter au sein de sa cour fut vite délaissé, ne prenant quelque importance que lors de promenades à cheval. Une femme de qualité se contentait d'un jupon ou d’une chemise de toile fine, ornée de dentelle d’Alençon, seules les courtisanes portent des dessous plus variés.

      

      

    Avant et après Catherine de Medicis, la femme de grande comme de petite condition se trouva entièrement nue sous ses vêtements, et il fallut attendre trois siècles après le caleçon pour voir apparaître la petite culotte.

    On vit les maîtresses de Louis XIV inventer la mode. Ainsi, Madame de Montespan lancera la robe pour femme enceinte. Une robe longue et sans ceinture que l'on appelait « l'innocente ». Les coiffures quant à elles, fort sages vers 1660 avec la frisure à la « Sévigné », devenaient de véritables œuvres d'art, allant au gré des tendances.

      

      

    La mode de « la frisure à la Sévigné » fut supplantée par l'« Hurluberlu », puis ce fut le tour de la coiffure « à la Fontanges ». La « Sévigné » consistait à se faire des boucles à l'anglaise et des frisures sur le front. L'« Hurluberlu » par contre exigeait un grand sacrifice de la part des galantes de l’époque, puisqu’il fallait couper les cheveux de chaque côté du visage et d'étages en étages dont on faisait de grosses boucles rondes.

      

      

    La coiffure terminée, on s’enveloppait la tête avec une pièce de crêpe ou de taffetas que l’on surnommait la coiffe. Cette coiffe se devait d’être assortie au reste de la toilette, ou bien être noire. Dans ce cas, elle se nommait « les ténèbres ». Par-dessus la coiffe, on posait deux cornettes, l’une faite de gaze et l’autre de soie (Les « barbes pendantes » sont deux tissus qui descendent du sommet de la coiffe, traditionnelle chez les femmes mariées).

    Cette mode fut radicalement éclipsée en 1680 avec l'arrivée de la coiffure à la "Fontanges". Mademoiselle de Fontanges, alors maîtresse de Louis XIV , galopant avec le souverain lors d'une partie de chasse, se prit les cheveux dans une branche d'arbre.

      

    D'un geste rapide, elle rattacha sa chevelure en la relevant sur le sommet de sa tête. Le roi, ébloui par cette vision, lui demanda de ne pas en changer.

      

      

      

    Le lendemain, la Fontanges était sur toutes les têtes. Une mode qui devait survivre plus de vingt ans après la mort de la jeune duchesse. Elle subit toutefois quelques modifications en prenant des tournures extravagantes, se bardant de fils de fer et prenant des hauteurs tellement démesurées que les armatures devaient être fixées par des serruriers. Par dessus ces montagnes de cheveux, on plaçait la coiffe et les deux cornettes, bordées de dentelles plissées, soit à la Jardinière, soit à la Marly.

      

      

      

    On pouvait alors distinguer sur les têtes de ces femmes des coiffures portant des noms aussi extravagants que leurs échafaudages tels que : le dixième ciel, la souris, le mousquetaire ou encore le firmament… Sous Madame de Maintenon, la simplicité et l’austérité furent de rigueur.

    Les coiffures redevinrent de simples chignons et étaient recouverts de mantilles. Les tailles s’alourdirent sous de grandes jupes à falbalas et les corsages furent moins ouverts, recouverts d'un petit nœud que l'on nommait « tâtez-y ». Une quantité d’accessoires devenaient indispensables tels que les mouches.

      

      

      

    Selon un code bien précis, et l’humeur de la courtisane, une multitude de mouches aux messages significatifs étaient à sa disposition. Le magasin À la perle des mouches se situant rue Saint-Denis à Paris, offrait une grande collection de ces ornements, on y trouvait

    « la passionnée » qui se posait près de l’œil,

    « la baiseuse » au coin de la bouche,

    « la coquette » sur la lèvre,

    « la galante » sur la joue,

    « l’effrontée » sur le nez, ou encore « l’enjouée »

    sur une pommette, « la discrète » sur le menton,

    « l’assassine » sous l’œil,

    « la tendre » sur le lobe de l’oreille, et pour terminer, « la majestueuse » sur le front.

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    Parmi les autres éléments indispensables, il y avait les gants, d'Espagne de préférence. Ces derniers se devaient d’être fendus sur la main, ornés de dentelle d’or et délicatement parfumés, et devaient avoir été fabriqués dans les trois royaumes :

      

    la peau en Espagne, la taille en France et les coutures en Angleterre.

     

    Les écharpes de taffetas garnie de dentelles protégeaient de la pluie, Les manchons eux se portaient par temps froid. On en trouvait en satin, en peluche ou, plus souvent en fourrure. Rue Dauphine à Paris, se trouvait la Boutique du grand monarque.

      

    C’est là que les grandes dames de la cour se fournissaient en petits manchons en fourrure de chat, de chien gris, de castor, de loutre, voire de léopard. Le summum de la mode était de tenir caché un petit chien qui devait passer son museau sur le côté du manchon…

    Les éventails protégeaient de la chaleur, mais on ne les ouvrait pas en présence du souverain. Différentes modes furent lancées.

      

      

    On vit des éventails « à la siamoise » représentant des figures de magots (figures grotesques) et peints sur fond or. Sous Louis XV, certains éventails prirent le nom de « lorgnette », ils étaient entièrement décorés de chinoiseries arborant de jolies pagodes.

      

    Pour terminer, une femme de qualité ne sortait jamais sans son masque de velours. Enfin, robes, manches, etc, tous les composants du vêtement sont démontables, amovibles. On change la composition d'une robe très souvent dans la journée, les bijoux deviennent boucle de souliers, puis broches…

      

    Les dentelles sont si coûteuses qu'elles font partie de l'héritage d'une femme, on les porte avec soin.

      

    Elles sont blanches au début, puis la couleur crème s'installe dans la mode. Certaines robes ne peuvent être portées qu'une fois, alors on « recycle » le tissu en meuble, ou en manche. La mode de Louis XIV à Louis XVI, voit le jupon, le « panier », s'élargir de plus en plus sur les côtés et s'aplatir sur le devant.

      

      

      

    Le maquillage

    Le visage était recouvert de blanc. On pensait que les produits blancs donnaient une peau blanche. Le blanc évoquait la virginité et donnait l'illusion d'un visage pur, exempt de toute tache, de toute cicatrice, et dissimulait les rougeurs, les couperoses et les dermatoses provoquées par la nourriture très épicée et par les vins capiteux. La blancheur du teint était également un signe d'oisiveté et donc de richesse.

      

    Les dames se mettaient aussi parfois une quantité impressionnante de mouches (petites rondelles de taffetas noir disposées sur le visage et destinées entre autres à cacher les impuretés tels que les boutons, les petites rougeurs, les grains de beauté…), toujours pour faire ressortir la blancheur de leur teint.

      

      

      

    Les précieuses se blanchissaient et évitaient, lors des promenades, le bronzage en portant un masque qu'elles maintenaient par un bouton entre les dents, ce qui évitait la conversation.

    Une couleur marque l'apogée de cette illusion : le rouge. Le rouge était la marque du pouvoir aristocratique. Quand une femme voulait séduire, elle ajoutait du rouge sur les joues. Dès 1673, toutes en portaient.

      

      

    Sous Louis XIV, le fard devint le symbole de l'amour, de l'émancipation, mais aussi de l'adultère, de l'impudeur. Les femmes se fardent à l'extrême, surchargées de blanc et de rouge.

      

    Toutes les gammes de rouge explosent agressivement. Les cosmétiques de l'époque se composent de céruse, du sublimé, du rouge d’Espagne, du vinaigre distillé ou de l’eau de fleur. La céruse est de l'oxyde de plomb (produit extrêmement toxique) que l'on poudrait sur le visage, le cou, parfois les bras et la naissance de la gorge.

      

    Au début du XVIIIe siècle, les précieuses fabriquaient elles-mêmes leurs fards.

     

     

      

      

    L'étiquette est l'ensemble des règles qui organisent la vie de la famille royale, des courtisans et du personnel qui les entoure. L'étiquette s'occupe donc de la « vie privée » (bien que continuellement en public) du monarque ; la vie publique du roi (celle des cérémonies d'État) relève du cérémonial.

    En France, l'étiquette s'est développée à partir du règne du roi François Ier et connut son apogée et sa forme la plus codifiée et la plus rigide d'Europe sous le règne du roi Louis XIV.

    L'étiquette participe au culte monarchique. Elle permet au roi de manifester sa distinction, sa satisfaction ou son mécontentement vis-à-vis des courtisans à qui il procure ou retire l'honneur de le servir de près. Elle permet aussi aux courtisans de s'affirmer, de marquer leur place (quelquefois provisoire) face à la concurrence des autres membres de la cour.

      

      

    WIKIPEDIA

    http://acoeuretacris.centerblog.net/6585333-

    lalesmodes-costume-au-xviie-siecle-3?ii=1  

      

      

      

     

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    Il y a 220 ans, le 16 octobre 1793, la reine de France montait sur l'échafaud.

    Elle aurait pu connaître un destin bien plus heureux.

     

    Par

    Le Point

    Été 1792, la vie des souverains français est plus que jamais menacée. Depuis la folle équipée de Varennes, où ils ont vainement tenté de rejoindre des troupes fidèles aux frontières de l'est, le divorce est consommé avec la nation.

      

    On les tient désormais pour inutiles. Le droit de veto du roi irrite au plus haut point les révolutionnaires et précipite le régime vers la République. Claquemurés aux Tuileries, Louis XVI et Marie-Antoinette craignent désormais pour leur personne.

     

    Le 20 juin, une foule d'émeutiers envahit le palais et défile devant la famille royale apeurée en brandissant un coeur de boeuf sanguinolent, censé représenter celui de Louis XVI, et une poupée attachée à une lanterne...

    Le roi et le dauphin portent le bonnet rouge, la reine fait face aux quolibets : on vient voir de près "la femelle du royal veto", cette femme "laide, ridée, fanée, hideuse".

      

    Aux yeux du peuple des faubourgs, la monarchie n'incarne déjà plus rien. La panique gagne les souverains, mais vers qui se tourner ? Une fuite semble impossible, à moins d'avoir de solides alliés dans la place.

     

    Rejoindre Dieppe puis l'Angleterre

    Justement, la proposition viendra de La Fayette lui-même, fervent défenseur d'une monarchie constitutionnelle. Le général estime que la Révolution, entraînée par la faction jacobine, va désormais trop loin. Il échafaude un plan simple mais efficace : le roi préside la prochaine cérémonie du 14 Juillet, comme prévu, avant de fuir Paris avec sa famille, protégé par des cavaliers fidèles et des Suisses, pour rejoindre le palais de Compiègne, loin de la capitale, de la populace et de ses excès...

      

    Si Louis XVI hésite, Marie-Antoinette refuse : pas question de faire confiance à ce La Fayette, qu'elle exècre. Plutôt attendre les troupes prussiennes afin de rétablir l'Ancien Régime. D'ailleurs, la reine a reçu des nouvelles encourageantes de l'étranger : elle continue à correspondre au fidèle comte de Fersen, son ancien ami suédois - et peut-être amant -, qui lui garantit que des troupes étrangères se préparent à marcher sur Paris pour balayer la Révolution. On attendra donc. Première occasion manquée.

    Un mois plus tard, la crise s'est aggravée : après la prise des Tuileries, la famille royale quitte le palais en catastrophe pour être enfermée au Temple, tandis que la République est proclamée dans la foulée. À quoi peut bien servir un roi dans ce nouveau régime sans couronne ? On poursuit Louis Capet pour crimes contre la Révolution après avoir découvert sa correspondance secrète, avant de le condamner à mort en janvier 1793. Il reste dix mois à vivre à Marie-Antoinette... Et pourtant, en janvier, une seconde possibilité d'échapper à ses bourreaux s'offre à elle.

    Deux officiers municipaux, Toulan et Lepitre, attendris ou corrompus par des agents royalistes, mettent au point un projet d'évasion : ils connaissent par coeur les issues et les habitudes du Temple, et proposent de faire sortir la reine et sa belle-soeur Élisabeth, habillées en gardes nationaux, pendant que ses enfants prendront les habits des allumeurs de lanterne. Puis direction Dieppe et l'Angleterre.

      

    On traîne, on hésite, si bien que la sécurité du Temple est revue et le personnel changé. Impossible de tous partir, on presse alors la reine de s'enfuir seule, mais elle refuse d'abandonner ses enfants. "Nous avons fait un joli rêve, voilà tout", écrit-elle au chevalier de Jarjayes, son contact à l'extérieur du Temple.

    Échecs

    Troisième et dernière tentative, plus aléatoire celle-là, celle d'un certain Alexandre de Rougeville, qui entre en contact fin août avec la reine par l'entremise de son geôlier, grassement payé pour servir d'intermédiaire. Ce chevalier est bien décidé à sauver la souveraine des griffes des Jacobins. Il est plus que temps : la Convention a décidé de traduire "l'Autrichienne" devant le tribunal révolutionnaire. Affaiblie physiquement par des pertes de sang continues, minée moralement par sa séparation d'avec ses enfants, la reine n'est plus que l'ombre d'elle-même : âgée de 37 ans, elle en paraît quinze de plus. Marie-Antoinette a été transférée à la Conciergerie.

      

    C'est là qu'Alexandre de Rougeville, un ancien chevalier de l'ordre de Saint-Louis, parvient à l'approcher en laissant tomber au sol un oeillet qui contient un message lui assurant l'imminence d'une évasion. Il est prévu d'acheter des gardiens avec des louis d'or et plusieurs milliers de livres d'assignats, de quitter la Conciergerie début septembre et de rejoindre l'étranger.

      

    La reine ramasse l'oeillet, prend connaissance du complot et entreprend de répondre à Rougeville en piquant le billet à l'aide d'une épingle - le crayon lui est interdit.

    Qu'a-t-elle vraiment compris ? Le projet était-il vraiment fiable ? Quoi qu'il en soit, l'un des gardiens craque au dernier moment, le message est intercepté et le "complot des oeillets" échoue à son tour.

      

    Il est désormais trop tard, le sort de Marie-Antoinette est déjà scellé : pas question pour Robespierre d'échanger ou de vendre la liberté de la "veuve Capet", d'autant que son fils - le fameux Louis XVII - est également otage. Ce dernier complot précipite sa chute : plus rien ne peut sauver la reine.

     

     http://www.lepoint.fr/histoire/marie-antoinette-aurait-pu-sauver-sa-tete-trois-fois-16-10-2013-1744469_1615.php

     

     

     

     

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    L’énigme de la « comtesse des Ténèbres » est liée à la princesse Marie-Thérèse de France, fille aînée du roi de France Louis XVI et de la reine Marie-Antoinette d’Autriche.

    La princesse royale Marie-Thérèse, prisonnière au Temple, fut remise le 26 décembre 1795 au gouvernement autrichien en échange de prisonniers français. Dès lors, retrouvant sa famille proche survivante à la cour en exil de Louis XVIII, elle se lie par les liens du mariage à son cousin Louis-Antoine d’Artois, duc d’Angoulême.

     

    Duchesse d’Angoulême (1814-1824), dauphine de France (1824-1830), éphémère reine de France et de Navarre (1830), « comtesse de Marnes » (après 1830), Marie-Thérèse vécut en exil au château de Frohsdorf, en Autriche jusqu’à sa mort, se consacrant à l’éducation de son neveu le comte de Chambord (futur « Henri V »).

      

    L’identité de Marie-Thérèse et de la duchesse d’Angoulême reste cependant discutée par quelques-uns, arguant que les deux facettes de la princesse seraient en réalité deux femmes différentes.

    Dès le XIXe siècle, dans des familles souveraines d'Allemagne, apparaît la rumeur selon laquelle une substitution aurait permis à Marie-Thérèse de se retirer du monde, tandis qu’une autre personne aurait pris sa place auprès de Louis XVIII et au sein de la famille royale.

     

    Marie-Antoinette et ses enfants,1787

    1787

    Marie-Thérèse aurait été placée sous la protection d’un diplomate hollandais, Leonardus Van der Valck dit « comte Vavel de Versay » et aurait vécu en sa compagnie, sous le surnom de « comtesse des Ténèbres », tout d’abord à Hildburghausen (duché de Saxe-Hildburghausen, puis au château d’Eishausen dans le duché de Saxe-Meiningen jusqu’à sa mort en 1837.

    Si de nombreux éléments viennent accréditer cette thèse, défendue par certains historiens, l’énigme n’a toujours pas, à ce jour, été résolue.

     

    Le mystère d’Hildburghausen

    En 1803, apparaît en Allemagne un couple étrange. La femme est totalement vêtue de noir, le visage dissimulé d’un épais voile noir, avec un compagnon et un cocher (nommé Scharre) qui lui témoignent un immense respect.

     

     Madame Royale en 1795

    Madame Royale en 1795

      

    L’homme, quant à lui, se fait appeler le « comte Vavel de Versay » mais il n’est pas allemand puisqu’il s’agit en réalité d’un hollandais du nom de Leonardus Cornelius Van der Valck, né le 22 septembre 1769 à Amsterdam, fils d’Adianus Van der Valck et de Maria Johanna van Moorsel, dont le cursus l’a emmené à être secrétaire à l’ambassade de Hollande à Paris de juillet 1798 à avril 1799.

      

    Mme Royale avec sa mère et son frère,1785

    1785

    La femme de chambre engagée, une certaine Fredericka, affirmera plus tard que le linge de la « dame » était brodé de fleurs de lis.

     

    Mme Royale et son frère Louis-Joseph,1784

    Madame Royal et son Frère, Louis-Joseph,1784

      

    Cette « dame » est habillée de vêtements noirs, de voiles sombres et de gants foncés, ce qui lui vaut — et aujourd’hui encore — le surnom de « comtesse des Ténèbres » (en langue allemande, Dunkelgräfin) donné par Karl Kühner, fils du pasteur Heinrich Kühner avec lequel le comte Vavel de Versay avait entretenu une correspondance fournie.

     

     

    Résidences itinérantes (des années 1790 à 1807)

    En juin 1803, le couple arrive à Ingelfingen, petite principauté des princes de Hohenlohe située dans le Wurtemberg auquel elle fut plus tard incorporée (des recherches menées par les historiens ont établi que le comte était très lié à la famille Hohenlohe-Bartenstein). Il reçoit un abondant courrier, entretenant notamment une correspondance nourrie avec la princesse Charlotte de Rohan-Rochefort, maîtresse du duc d’Enghien, qui demeure à Ettenheim (duché de Bade).

    Le 17 mars 1804, au lendemain de l’arrestation du duc d’Enghien, le couple quitte précipitamment Ingelfingen puis se réfugie en Wurtemberg. Le comte et la « dame » résideront quelque temps à Gerlingen, non loin de Stuttgart.

    En 1806, le couple séjourne dans un château isolé près de Leyde, en Hollande.

      

    Résidence à Hildburghausen (1807-1845)

    Le 7 février 1807, le mystérieux couple s’installe à Hildburghausen, en Thuringe, où il bénéficie de la protection des souverains locaux, le duc Frédéric Ier de Saxe-Hildburghausen et son épouse, Charlotte de Mecklembourg-Strelitz, une amie d’enfance de Marie-Antoinette. La duchesse Charlotte s’intéresse personnellement au couple, facilitant leur logement successivement chez divers notables de la ville (« Hôtel d’Angleterre », pavillon ducal, maison Radefeld).

    La vie quotidienne du couple est organisée autour de la protection de la dame : nul ne doit l’approcher, ni tenter de voir son visage qu’elle dissimule sous d’épais voiles noirs. Johanna Weber, la cuisinière de l'« Hôtel d’Angleterre » dont tout le deuxième étage est réservé pour ces deux étrangers de haut rang, se voit interdire l’accès aux pièces de la maison autres que la cuisine. Aussi, le couple effectue de nombreuses promenades en voiture.

      

    Installation à Eishausen

    En 1810, la couronne d’Hildburghausen hérite des biens du baron de Hessberg, parmi lesquels figure le château d’Eishausen, situé à sept kilomètres d’Hildburghausen. Le 14 octobre 1810, ce château est loué, par l’administration des Domaines, au sénateur Andreae qui le sous-loue au comte Vavel de Versay. Le bail du château sera renouvelé chaque année jusqu’à la mort du comte en 1845, avec l’autorisation des souverains successifs.

    Ce château est alors vendu, par l’administration des Domaines, au conseiller Andrae qui le loue ensuite au comte Vavel de Versay.

    Le château ressemblait aux propriétés seigneuriales : une grande maison à trois niveaux, un bloc carré et massif auquel on pénètre par deux perrons. Il était situé près de la grand-route de Cobourg, au-delà de la rivière Rodach, à l’extrémité du village ; une allée de marronniers — qui existe encore — menait du château au presbytère.

      

    En 1873, lors de sa démolition, on découvrira un souterrain partant des caves du château et aboutissant à un bois, situé non loin de là… Ce souterrain, qui fut bouché lors des travaux de démolition, aurait permis à la famille ducale d’Hildburghausen de rendre anonymement visite au couple.

    Le couple résidera définitivement à Eishausen, pratiquement coupé du monde, et selon un train de vie princier avec par exemple des vins de grands crus, des liqueurs, des toilettes de Paris, de l’agneau pascal, des légumes de Bamberg).

    La dame loge au second étage du château, dans un appartement donnant à l’est et au sud tandis que le comte loge dans un autre appartement, ouvrant au nord et au sud ; elle ne sort presque jamais, sauf pour se promener dans le parc du château.

    En 1826, suite à la réorganisation des duchés saxons, le duché d’Hildburghausen est incorporé au duché de Saxe-Meiningen : les nouvelles autorités reprendront à leur compte les mêmes mesures de protection envers le comte Vavel de Versay et sa compagne que celles prises précédemment en s’abstennant, notamment, de vérifier leurs papiers.

      

    Décès de la « Dunkelgrafin »

    La dame décède le 25 novembre 1837, au château d’Eishausen, sans prêtre ni médecin, veillée seulement par Vavel de Versay. Elle est inhumée — civilement — trois jours plus tard au Jardin de la Montagne, petite colline surplombant Hildburghausen. La cause de son décès est inconnue[3].

    La tombe sera ouverte le 8 juillet 1891 et les restes seront identifiés comme étant ceux d’une femme. Le docteur Lommler, chargé d’établir le certificat de décès, affirma que la défunte devait avoir une soixantaine d’années et que son visage présentait une ressemblance frappante avec celui de la reine Marie-Antoinette. Grâce à une discrète intervention du duc Bernard Erich de Saxe-Meiningen-Hildburghausen, l’ensemble des biens de la succession, principalement des effets vestimentaires, fut remis au comte Vavel de Versay.

      

      

    Décès du « Dunkelgraf »

    Le comte Vavel de Versay décède le 8 avril 1845 et est inhumé au cimetière d’Eishausen.

    L’examen de ses papiers personnels, après son décès, révèlera l’identité de la « dame » : Sophie Botta, 58 ans, célibataire, ayant des origines westphaliennes ; en dépit des minutieuses recherches effectuées par les historiens français et allemands, il ne fut retrouvé aucune trace de Sophie Botta dans les registres de Westphalie.

    Une affaire d’identité

    Le mystère d’Hildburghausen repose sur une double question essentielle : Qui pouvait-être cette « dame » et pourquoi fut-elle volontairement recluse loin du monde dans ces conditions ? Sur ces points, les historiens qui ont étudié l’« affaire » tiennent pour acquis les éléments suivants :

    • l’énigme de Hildburghausen consiste en un secret de très grande importance et qui devait être gardé à tout prix ;
    • l’objet de ce secret était la « dame » qui était née vers 1778 ;
    • le couple ducal de Hildburghausen connaissait l’identité de l’étrangère et savait par conséquent les raisons de sa retraite ;
    • la dame n’était pas séquestrée contre sa volonté par son compagnon ;
    • les moyens employés pour garder ce secret sont si extraordinaires que l’importance en est soulignée.

    Hypothèses

    •  
    • Sophie Botta

    Nom donné par le comte Vavel de Versay au décès de la « dame ». Malgré des recherches approfondies, il ne fut trouvé nulle trace d’une telle personne dans les registres de Westphalie. Aucune famille de Westphalie n’a d’ailleurs porté ce nom.

    •  
    •  
    • Agnès Berthélémy

    Il s’agissait d’une maîtresse de Van der Valck lors de son séjour à Paris.

    L’identité fut révélée par la reine Marie de Hanovre, (fille de Joseph Ier de Saxe-Altenbourg, petite-fille de Frédéric Ier de Saxe-Hildburghausen et de Charlotte de Mecklembourg-Strelitz) à sa dame de compagnie, Mme von Heimbruch.

    • fille inconnue de l'empereur Joseph II, frère de Marie-Antoinette d'Autriche, et de son épouse morganatique la Comtesse Wilhelmine von B.. Cette fille vivant coupée du monde à la Cour de Versailles était « le portrait frappant et calqué » de sa tante Marie-Antoinette selon les Mémoires de la baronne d'Oberkirch[4].

    Marie-Thérèse de France, « comtesse des Ténèbres » ?

      

    Faits et présomptions

    Selon certains historiens, plusieurs éléments tendent à accréditer la thèse selon laquelle cette mystérieuse femme serait Marie-Thérèse de France, fille de Louis XVI :

    •  
    • Physiquement

    Malgré l’épais voile noir qui le dissimulait, le visage de la comtesse fut aperçu à deux reprises, outre le fait qu’il fut exposé au regard de ceux qui assistèrent à ses obsèques. Tous ceux qui le virent, et qui furent ultérieurement mis en présence de portraits de la reine Marie-Antoinette ou de portraits de Marie-Thérèse peints avant 1795, jurèrent de bonne foi qu’ils reconnaissaient, en ces deux femmes, les traits de la mystérieuse comtesse.

    Les faits physiologiques sont en effet particulièrement troublants : autant Marie-Thérèse et la comtesse des Ténèbres présentaient de grandes similitudes physiologiques avec Marie-Antoinette, autant la duchesse d’Angoulême ressemblait indubitablement à Louis XVI et ne présentait aucune des caractéristiques physiques de Marie-Antoinette.[réf. nécessaire]

    •  
    • Psychologiquement

    La duchesse d’Angoulême adoptera, sous la Restauration, une attitude qui ne sera pas sans rebuter tous les anciens familiers de Versailles : rejetant systématiquement tout souvenir de Marie-Antoinette (dont elle refusera d’honorer la mémoire), elle exclut systématiquement de la Cour et de son entourage toutes les personnes qui, avant la Révolution, avaient fréquenté la famille royale. Son caractère s'inscrira en contradiction avec tous les principes d’éducation et de bonté inculqués par Louis XVI et Marie-Antoinette à leurs enfants.

    De nombreux graphologues ont comparé les lettres écrites par Marie-Thérèse pendant sa captivité au Temple, avec celles écrites ultérieurement par la duchesse d’Angoulême et ont conclu que ces lettres ne pouvaient émaner de la même personne.

    •  
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    • Matériellement

    De nombreux éléments de la vie de la comtesse, à Eishausen, indiquent son appartenance à une famille royale, voire sa proximité avec la maison de Bourbon : linge marqué de fleurs de lis, train de vie particulièrement élevé, et surtout protection systématique et pointilleuse des autorités : d’abord, de la part de la famille ducale de Saxe-Hildburghausen puis, à partir de 1826, de la part de la famille grand-ducale de Saxe-Meiningen-Hildburghausen).


    Un certain nombre d'éléments semblent donc indiquer que la duchesse d’Angoulême ne pouvait, ni physiquement ni psychologiquement, être Marie-Thérèse de France. En revanche, de lourdes présomptions pèsent sur l’identité de personnes entre cette dernière et la « comtesse des Ténèbres ». Ces présomptions sont accentuées par le contenu des correspondances entre les diverses maisons régnantes d’Allemagne (Saxe-Meiningen-Hildburghausen, Saxe-Altenbourg, Mecklembourg-Schwerin, Wurtemberg, Hanovre), la plupart de ces familles étant convaincues que la « comtesse des Ténèbres » était la fille légitime de Louis XVI et de Marie Antoinette. Si tous les documents ont été détruits avec soin, c’est que la révélation de la vérité aurait risqué de bouleverser l’Europe, en contrecarrant de trop grands intérêts. Cette position fut également confirmée par les descendants naturels du duc de Berry, fils de Charles X.

      

      

    Substitution de personnes ?

    L’identité de Marie-Thérèse de France et de la « comtesse des Ténèbres » ne peut se fonder que sur une substitution de personnes : avant d’être remise à l’Autriche en échange de prisonniers français, le 26 décembre 1795, Marie-Thérèse se serait vu substituer une autre personne sur le chemin entre Bâle et Vienne, qui aurait alors pris sa place à la cour d’Autriche, puis au sein de la famille royale de France.

    Le Registre des Enfants de France indique qu’une certaine « Ernestine Lambriquet » a été élevée avec Marie-Thérèse : les deux fillettes, nées à quelques mois d’intervalle, sont élevées comme des jumelles ; en toutes circonstances, Ernestine est aux côtés de Marie-Thérèse et bénéficie du même train de vie et des mêmes dépenses (pension, robes, appartement, éducation) que la princesse.

    Fille de Jean Lambriquet (guillotiné en 1793), valet de chambre de « Madame Élisabeth », sœur de Louis XVI, Ernestine Lambriquet serait une fille naturelle de Louis XVI et de Marie-Philippine Lambriquet : opéré de son phimosis Louis XVI aurait — avec l’accord de son épouse —, effectué un « essai hygiénique » qui aurait permis de constater qu’il n’était ni impuissant ni stérile…

      

    Cette hypothèse se heurte pourtant à un fait indiscutable et méconnu :

    le roi Louis XVI n’a jamais eu le moindre phimosis, malgré les cancans du parti lorrain, c’est-à-dire autrichien, désireux de mettre sur le compte du roi les appréhensions de Marie-Antoinette devant le préalable indispensable à toute maternité (voir à ce sujet : P. et P. Girault de Coursac, Louis XVI et Marie-Antoinette, vie conjugale, vie politique, passim).

      

    Les Archives nationales témoignent ainsi que Marie-Philippine Lambriquet recevra une pension annuelle, laquelle sera à sa mort reversée à sa fille. C’est Ernestine Lambriquet qui aurait été substituée à Marie-Thérèse, avant l’échange de Huningue, et serait devenue duchesse d’Angoulême. Louis XVIII et Charles X auraient été, bien entendu, informés et auraient joué le jeu, ce qui explique pourquoi la fausse Marie-Thérèse aurait été mariée à son cousin Louis-Antoine, futur Louis XIX, lequel était en outre incapable de procréer.

    Les raisons de la substitution sont aujourd’hui encore inconnues. Selon certains, Marie-Thérèse aurait voulu se retrancher du monde pour vivre dans le souvenir de ses parents. On peut également envisager une forme de neurasthénie plus ou moins aiguë, un délabrement nerveux, ou encore un déséquilibre psychologique grave, consécutif aux graves traumatismes subis pendant ses années d’emprisonnement et de terreur, vécus, rappelons le, en pleine adolescence.

      

    Selon d’autres, elle aurait été écartée du monde pour que l’on puisse s’assurer de son silence quant à l’évasion de Louis XVII.

      

    La sœur de Marie-Thérèse se prénommait Sophie, et mourut en bas-âge, de là découlerait probablement le prénom de la « comtesse des Ténèbres ».

     

     

    WIKIPEDA

     

     Isabelle d'Orléans-Bragance, « comtesse de Paris »

     

    Divers éléments viennent cependant réfuter la thèse de la substitution de personnes et écarter l’hypothèse selon laquelle la « comtesse des Ténèbres » et Madame Royale ne seraient qu’une seule et même personne :

     

    « Ah, qu’il est tentant de rêver à de si romanesques histoires ! Les heures sombres de la Révolution en sont nourries et le siècle suivant en a vu naître, particulièrement sur la famille royale. Mais j’ai effectivement entendu parler de cette « comtesse des Ténèbres », à l’intitulé délicieusement mystérieux ! Voici mon avis puisque vous me le demandez. L’on a beaucoup parlé d’un manque de ressemblance entre Madame Royale et la duchesse d’Angoulême. Mais vous savez comme moi que les portraits de l’époque étaient volontiers flatteurs et peu objectifs, alors les portraits d’une enfant…

      

    De même, l’écriture se modifie avec l’âge.

    Voyez la mienne aujourd’hui, ce n’est plus celle de la jeune fille que j’étais. Je ne fais personnellement que peu de cas de cette prétendue fille illégitime de Louis XVI dont on a également parlé, inutile de revenir sur les difficultés qu’a connues son couple pour lui infliger de surcroît des aventures extra-conjugales !

      

    Mais au-delà de ces considérations anecdotiques, pensez-vous un instant que la famille royale permette à une intrigante d’épouser le futur héritier du trône ? Dans quel but une telle substitution, un tel risque ? Madame Royale a connu un destin tragique qui lui a modelé une personnalité plus ombrageuse — on parlerait aujourd’hui de dépression — mais il est faux de dire qu’elle n’a jamais honoré la mémoire de ses parents.

      

      

    Cette épouse vertueuse et pieuse a simplement gardé un voile pudique sur les heures noires qu’elle a connues. Quant à cette dame vêtue de noir, son accoutrement devait avoir une raison qui nous échappe peut-être aujourd’hui : une blessure au visage… ou un goût certain pour le romanesque. Comme vous le mentionnez, les soi-disant documents qui nous auraient apportés une preuve irréfutable de cette substitution ont été malencontreusement détruits. […] »

    Isabelle d'Orléans-Bragance, « comtesse de Paris »


    Le comte de Fersen confirme et reconnaît bien Marie-Thérèse comme la fille de Louis XVI et Marie Antoinette.

    Monsieur Hue, fidèle serviteur de la famille royale confirma également l’identité de Marie-Thérèse, de même que Pauline de Tourzel, amie ’'enfance et sa mère , Madame de Tourzel, ancienne gouvernante royale à Versailles qui suivirent la famille royale de Versailles aux Tuileries.

    Aussi, l’attitude de la duchesse d’Angoulême sous le Consulat et le Premier Empire confirme son éducation royale. Une correspondance importante avec les différentes cours européennes mais aussi membres de la famille royale atteste de l’importance du rôle de la « Nouvelle Antigone » dans la politique de retour au trône des Bourbons.

      

      

    Tant son rôle mais aussi sa stratégie politique sous la restauration prouve l’origine de sa naissance. Pour des raisons politiques et d'expansion de la sphère d’influence de l’Autriche, l’empereur François II du Saint-Empire souhaitait marier l’archiduc Charles avec sa cousine Marie-Thérèse et l’empereur des Français, bien informé, aurait sans nul doute refusé un tel mariage.

    L’hypothèse selon laquelle Ernestine Lambriquet serait la fille de Louis XVI et de Marie-Philipine Lambriquet, choisie pour « tester » le bon résultat de l’opération du phimosis du roi, se heurte à un obstacle de taille : contrairement à une légende tenace, Louis XVI n’a jamais été opéré d’un phimosis, pour la bonne raison qu’il n’en était pas atteint. L’historienne Simone Bertière a définitivement prouvé le fait dans son Marie-Antoinette, l’insoumise.

      

      

    Le pieux Louis XVI n’avait donc aucune raison d’entreprendre une brève relation extra-conjugale de ce genre, ni de donner naissance à une quelconque fille naturelle.

    Ces arguments laissent toutefois sans réponse la question de la véritable identité de la « comtesse des Ténèbres ».

      

      

    Vers la résolution de l’énigme ?

    Ce n’est qu’en mai 2012 qu’une radio d’Allemagne centrale annonce la mise en place d’un projet pour la résolution définitive de l’énigme autour de la « comtesse des Ténèbres ». En effet, la radio Mitteldeutscher Rundfunk (MDR) de Thuringe (la MDR de Thuringe (de)), station d’émission du pays de Thuringe prépare actuellement un travail autour du cercle d’intérêts à « Madame Royale », Marie-Thérèse de France.

    Le projet scientifique interdisciplinaire a été initié à Hildburghausen dans le cadre de la résolution définitive de l’énigme autour de la « comtesse des Ténèbres » avec le même noyau d’auteurs et de scientifiques ayant travaillé sur le projet MDR « Le code de Schiller de Friedrich » afin de mettre un terme aux spéculations affirmant que la comtesse des Ténèbres serait en réalité la princesse française « Madame Royale », Marie-Thérèse de France, fille de Louis XVI et de Marie Antoinette.

      

      

    À cet effet, les comparaisons de portrait anthropologiques ainsi que les analyses génétiques sont prévues par l’équipe scientifique sur les dépouilles de la duchesse d’Angoulême dans le cloître Kostanjevica à Nova Gorica (Slovénie) et de la comtesse des Ténèbres à Hildburghausen. Bien que le tombeau eût déjà été ouvert en 1887, la ville d’Hildburghausen avait exprimé jusqu’ici des scrupules à l’égard de tels examens. Elle a cependant été intégrée dans ce projet et après avoir levé une décision de 2004, s’est montrée disposée à coopérer le 27 juin 2012, et être d’accord avec l’exhumation des restes mortels pour un examen.

    Wir möchten die Geschichte der Dunkelgräfin aufklären: Ist sie wirklich Madame Royal oder irgend eine andere Frau[6].

    — Eva Hempel, rédactrice responsable à la MDR de Thuringe (de) dans In Südthüringen.

    « Nous voudrions éclaircir l’histoire de la comtesse des Ténèbres : s'agit-il bien de Madame Royale, ou d’une autre femme quelconque. »

    La comparaison ADN du frère de la princesse est présente.

    La promulgation des résultats se fera probablement en 2013 ; ils devraient être présentés dans le cadre de la nouvelle série d’émissions MDR « La trace des trésors ». Cependant, une des hypothèses, celle assez sérieuse de la baronne d’Oberkirch, retient Ernestine Lambriquet comme la fille de l'empereur Joseph II, le propre frère de Marie-Antoinette ; dans ce cas, les recherches ADN ne manqueront pas d'établir la parenté entre la reine de France et la comtesse des Ténèbres, et ne pourront donc pas distinguer si ladite comtesse est la fille ou la nièce de la malheureuse reine…

     

     

    wikipedia

     

     

     

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