• Anne Couppier de Romans, maîtresse passagère de Louis XV

     

     

    Anne Couppier de Romans, maîtresse passagère de Louis XV

      

      

    Anne de Couppier de Romans est née vers 1737.

    Elle est la fille d’un bourgeois de Grenoble, Jean-Joseph de Couppier de Romans, un homme de loi respectable. Anne est issue d’une famille de petite noblesse. Elle est l’une des petites maîtresses de Louis XV. Jeune, elle est conduite à Paris par sa sœur, Mme Varnier, qui tient tripot au Palais-Royal.

    D’ailleurs c'est cette dernière qui se chargera de l'introduire au roi, (la sœur aînée de Mlle de Romans ayant été aussi pendant un temps la maîtresse de Louis XV) vers l’année 1759. Comme pour Marie-Louise O'Murphy, Casanova prétendra également avoir été à l'origine du destin de cette jeune Grenobloise.

      

    D’une grande beauté, Anne est une jeune fille de vingt-deux ans à la taille légèrement au-dessus de la moyenne, à la chevelure noire longue et abondante, au teint de lys, au visage d’un ovale parfait laissant voir des traits réguliers et aux dents superbes.

      

    Elle a aussi une fort-belle gorge et un corps de déesse.

    Anne se fait vite remarquer par le roi et celui-ci en fait sa maîtresse en 1760.

    À la grande différence des autres filles qui ont jadis logé au Parc-aux-Cerfs et qui croyaient avoir pour amant, un certain grand seigneur polonais, la jeune demoiselle de Romans sait qu’elle est devenue la maîtresse du roi de France.

      

    Alors fière de son rang, elle se refuse d’aller habiter dans la maison du Parc-aux-Cerfs et le roi loue pour elle une maison située dans la grande rue du village de Passy. Louis XV est alors fou amoureux de sa jeune élue et la surnomme "la grande".

      

    Quand il veut la voir à Versailles, il vient la faire chercher dans un carrosse à six chevaux.

    Il finit aussi par la titrer baronne de Meilly-Coullonge.

    La cour commence aussi à parler de la nouvelle maîtresse du roi, et tout le monde croit qu’elle va succéder à la marquise de Pompadour comme favorite en titre. Ceci finit aussi par alarmer Mme de Pompadour. T

    rès inquiète, elle fait engager des espions qui doivent surveiller les manières des deux amants et son amie la maréchale-duchesse de Mirepoix tente de la rassurer :

    "Les princes sont avant tout des gens d'habitude ; l'amitié du roi pour vous est la même que pour votre appartement, vos entours ; vous êtes faite à ses manières, à ses histoires ; il ne se gêne pas, ne craint pas de vous ennuyer ;

    comment voulez-vous qu'il ait le courage de déraciner tout cela en un jour, de former un autre établissement, et de se donner en spectacle au public par un changement de décoration." Mme de Pompadour finit par penser qu’après tout, si le roi aime Mlle de Romans, il finira par s’en lasser un jour, comme ce fut dans le cas des plusieurs amours passagers, tels que la comtesse de Choiseul-Beaupré ou Marie-Louise O’Murphy.

      

    Mais en 1761, la jeune femme finit par tomber enceinte du roi et cela fait encore inquiéter la favorite en titre. Et si Anne de Romans donnait naissance à un fils et que le roi finissait par le reconnaître comme son aïeul, Louis XIV le faisait pour ses bâtards ? "Tout cela est du Louis XIV ; ce sont de grandes manières qui ne sont pas celles de notre maître", lui répétait Mme de Mirepoix.

      

    C'est sans doute la marquise de Pompadour qui fait procéder à des perquisitions chez la belle Romans pour soustraire des papiers prouvant la paternité de Louis XV. Cela ne sert à rien. Le 13 Janvier 1762, la belle demoiselle de Romans finit par accoucher d’un fils, qui est baptisé  le lendemain à l'église de Chaillot sous le nom de Louis-Aimé de Bourbon.

      

    Le roi même signera l’acte de baptême du bâtard, que le curé lui a présenté. C’est la première fois que Louis XV reconnait un bâtard né d’une de ses maitresses. Cela fait grand bruit et à la cour et certains commencent même à surnommer le nouveau-né le duc du Maine. Heureuse d’avoir un enfant, Anne de Romans prendra l'habitude de faire promener son enfant au bois de Boulogne. Habillée selon la dernière mode, la gorge couverte de dentelles précieuses, elle aime s'installer sur l'herbe pour allaiter son enfant, à la vue de tous.

      

    Mme de Pompadour finit par avoir une grande envie d’aller voir la mère et son enfant. Accompagnée par sa femme de chambre, Nicole du Hausset, elle va, camouflée sous plusieurs habillements dans la clairière où se trouvent la jeune mère et le fils. Le soir, elle racontera à Louis XV d'être allée à la Manufacture de Sèvres pour acheter des tasses ce qui était également vrai. Quelques mois après la naissance de Louis-Aimé, le roi s’éprend d’une toute jeune fille, du nom de la demoiselle de Tiercelin, âgée d’à peine de seize ans.

      

    Cette nouvelle passion finit par rassurer Mme de Pompadour, qui sait qu’à présent que ni l’une ni l’autre ne pouvait plus la supplanter dans le cœur du roi. Et quand la petite Tiercelin finit aussi par tomber enceinte et cela affligea Mme de Pompadour sans doute moins que n’avait fait la grossesse de Mlle de Romans.

      

    Cette fois, la favorite connaissait que pour cette fois, le roi ne reconnaitrait pas son nouveau bâtard. Mlle de Tiercelin accouchera plus tard le 7 Février 1764, peu de semaines avant la mort de Mme de Pompadour, aussi d’un fils, connu sous le nom de l’Abbé Le Duc. La faveur de Mlle de Romans durera jusqu’en Décembre 1765. Hélas, Mme de Pompadour ne survivra pas pour regarder la disgrâce de sa jeune rivale. Louis XV, lassé par ses exigences d’être faite favorite en titre après la mort de Mme de Pompadour, chassera Anne de Romans.

      

    Il finira par l'exiler achez les Ursulines de Saint-Denis et le séparera de son fils qu'il refusera de légitimer. Elle finira par en sortir et le roi lui fera don de 3 000 livres de pension par an. Quelques années plus tard en 1772, sous l’autorisation du roi, Anne épousera,  marquis de Cavagnac que lui avait présenté le duc de Deux-Ponts (ami intime de Louis XV et de Mme de Pompadour). De cette union,

    Anne aura deux enfants :

    une fille et un fils, Louis Aimé Marie Stanislas de Siran de Cavanac né le 6 janvier 1775.

    Malgré les demandes répétées de Mlle de Romans pour revoir son fils, Louis XV n'accédera jamais à ses requêtes.

    Elle devra se contenter de recevoir les nouvelles de son enfant par des intermédiaires. Ce n'est qu'en 1774, après la mort de Louis XV, que Mlle de Romans peut récupérer son fils âgé de 12 ans après avoir fait la demande auprès de Louis XVI.

    Tout au long de sa vie, elle s'essaiera de se construire une fortune qui sera évaluée à près d'un 1 000 000 livres dans les années 1780. A l'aube de la Révolution, elle sera avec la comtesse de Flaghac et la marquise de Champcenetz, l'une de ces femmes vivant dans un libertinage effréné, charismatiques et qui étaient très recherchées dans les salons mondains galants de la capitale et dont les titres cachaient d'anciennes pensionnaires du serdeau de Versailles.

    Anne Couppier de Romans parvint à garder sa vie sauve durant toute la Révolution. Elle mourra, septuagénaire, en 1808.

      

    Quant à son fils, Louis-Aimé de Bourbon, il deviendra abbé de Bourbon, et mourra jeune, le 28 février 1787, de tuberculose.

    Dans l'entretemps, il s'était lié d'amitié avec sa demi-soeur Marie-Louise qui, éplorée par sa mort, écrira :

    "Le Seigneur a cueilli cette jeune plante de crainte que le grand air ne lui fît du tort."

     

     

     

     

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