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    Voici une lettre à Fersen datée du 4 janvier 1792. La reine y évoque les circonstances politiques et les démêlés du roi avec l'assemblée.

     

      

    La comparaison avec le testament reste fructueuse. Ponctuations, absence de majuscules, lignes qui s'incurvent...
     

    Au bas de la page 2, nous trouvons un "revenû" qui fait écho au "pû" de la dernière lettre... mais un "venu" sans accent plus haut. L'orthographe de Marie Antoinette est ainsi capricieuse... 

    Un "peure" qui répond au "je meure" de son testament et "avertire" comme "jouire".
    Mais les lettres à Fersen renferment autre chose aussi, bien sûr... le fameux secret que les protagonistes semblent avoir emporté dans la tombe.
    La correspondance entre Marie Antoinette celui qu'elle appelle elle-même son ami a été endommagée, pour en rendre certains passages illisibles. Même la technologie moderne n'a pas encore réussi à soulever le voile.
    Et c'est ici que les imaginations se déchaînent. Quels mots peuvent bien se trouver sous ces si scrupuleuses ratures ?
    Il convient d'abord de préciser qu'on ignore qui est l'iconoclaste.

    Fersen en personne ?

    Ses descendants ?

    Les biographes constatent que les ratures se trouvent en général en début ou en fin de lettres, ce qui pourrait correspondre à des formules de salutation et d'adieu.

    De là à considérer que ce sont des mots d'amour, il n'y a qu'un pas, que certains franchissent allégrement.
    Ce message-ci leur donne raison sur un point : c'est bien au début de la lettre que figure la rature. Observons la mieux...

    Elle paraît assez importante pour contenir 3 ou 4 mots, a priori. Cependant, on ne distingue pas de virgule or, lorsque Marie Antoinette s'adresse à ses correspondants, elle n'omet pas de les placer, en général.

    "Ma chère Maman", "mon cher coeur", écrit-elle bien entre virgules.
    Alors, que contient ce passage qui défie toujours nos connaissances ? Mystère...

     

     

    sources

     http://maria-antonia.justgoo.com/t7p15-ecrits-de-marie-antoinette

     

     

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    les biographes et historiens se partagent en deux camps : ceux qui pensent que les fameuses ratures recouvrent des mots d'amour (le preuve, ils sont au début et à la fin) et ceux qui croient que ce sont des allusions politiques

    (ils peuvent être partout dans le texte).
     

    Voici une lettre qui semble au premier abord abonder dans le sens de l'autre camp, maintenant :

     

    Elle est datée du 7 septembre 1791 (voir Lever, p. 722). Marie Antoinette explique à Fersen qu'elle a bien suivi ses indications pour rédiger son courrier politique. Elle raconte qu'elle n'a pu laisser partir l'évèque d'Agoult, qu'elle aurait voulu lui transmettre un message pour Fersen... "ne fût-ce qu'un mot"... suit alors la rature.
    ... "pour vous dire que je vous aime" ? "pour vous donner des nouvelles du roi" ? "pour vous demander de..." ? Mille possibilités s'ouvrent à nous. Parmi celles-ci, l'opinion de Nesta Webster mérite d'être épinglée : ces ratures couvriraient selon elle des allusions à la santé et au moral de Louis XVI, chancelants tous deux, et auraient été effacés parce que désobligeants.
    Pourquoi pas ?

    Ou peut-être Marie Antoinette demandait-elle des nouvelles de la santé de Fersen. Il était un hypochondriaque notoire... 
     

    Ou peut-être, tout simplement, des termes comme "je vous embrasse de tout mon coeur", si courants dans la correspondance de Marie Antoinette, ont-ils été jugés compromettants

      

    sources : 

    Blog Le Boudoir de Marie-Antoinette  

     A propos des lettres à Fersen dont nous parlions précédemment, leur teneur est en grande majorité politique. La reine utilisait différents moyens pour correspondre avec son confident.
    Voici le début d'une très longue lettre datée du 31 octobre 1791 (voir Lever, p. 656 sqq). Marie Antoinette y fait allusion à l'un de ces procédés :

    J'ai reçu hier tous vos papiers par M. de Bridge, l'écriture est parfaitement sortie avec l'eau que j'ai fait chercher chez l'apothicaire. Il faut que celle que l'on nous a envoyée de là-bas fût évaporée, mais cela est égal à présent. Je vais tâcher de répondre à tout en abrégé, et je répondrai aussi souvent que j'en aurai le temps jusqu'à jeudi, que l'homme qui se charge de cette lettre partira.
    Petites misères de la cuisine interne... Les amis avaient recours à une encre sympathique à base de citron. Parfois les caractères sortaient à l'aide de la solution employée, parfois pas...
    Un autre moyen de se transmettre des informations était le code. Ils avaient mis au point un système très élaboré. Chiffrer et déchiffrer prenait donc des heures...

    Le passage a été décodé dans l'édition d'Evelyne Lever, il donne :
    Ma soeur (Elisabeth) m'a montré une lettre de M. (Monsieur, comte de Provence), datée encore de Bruxelles, pour justifier celle qu'il a écrite au roi, où il dit que vous lui avez annoncé que le roi voulait le charger de tout pendant sa prison ; je vous en préviens au cas que cela se dise où vous êtes, car pour nous, nous savons très bien ce qu'il en est. Adieu.
    Emouvant témoignage des efforts fournis par Marie Antoinette pour correspondre avec l'extérieur. Remarquons que le rôle d'agent de liaison de Fersen auprès du roi apparaît clairement.
    ... ainsi que l'efficacité du ton. Nul mot tendre dans ces quelques lignes pourtant incompréhensibles aux yeux indiscrets.
     

      

     

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