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    A l'heure de mourir, Marie Antoinette ne perd pas son temps à s'indigner des accusations portées contre elle. Comme toujours, son coeur va à l'essentiel : en mère déchirée de quitter ses enfants, elle se préoccupe de leur sort. Ce qui compte, c'est qu'Elisabeth pardonne au petit Louis Charles et prenne soin de lui.
    En parlant des sentiments de la reine, je ne résiste pas à ce passage-ci :

    "J'avois des amis, l'jdée dans etre separe pour jamais, et leurs peines, sont un des plus grand regret que jemporte en mourant, qu'ils sachent du moins, que ("meme" barré) jusqu'à mon dernier moment j'ai pensé à eux."
    Ici, emportée par son émotion, Marie Antoinette, qui pense à tous ceux qu'elle aime, tous ceux qui ont essayé de la sauver, tous ceux qui vont la pleurer, fait plus de fautes qu'ailleurs dans la lettre.
    Remarquons que nous trouvons dans cette phrase une particularité de Marie Antoinette : elle écrit "idée" avec un "j"... confusion avec le "j" allemand ?  Cette erreur bien étonnante atteste à elle seule l'authenticité de ce testament, car on la retrouve dans bien d'autres autographes de la reine :

     

     

    SOURCES

    http://maria-antonia.justgoo.com/t7-ecrits-de-marie-antoinette

     

     

     

    Pluie de brins de muguet pour le 1er Mai :

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    Pour ceux qui, comme moi, se passionnent pour l'écriture de Marie Antoinette, je mets ici en ligne l'intégralité de sa dernière lettre. Voici donc, bien lisibles, les quatre pages de sa lettre autographe :

    La page 1, avec la date

    La page 2, avec, tout en bas, le trait qui sert de signature à Marie Antoinette, et qu'on retrouve sur bon nombre de ses lettres à ses proches

    La page 3, qui concerne le prêtre jureur

    La page quatre, sur laquelle Marie Antoinette n'a pas écrit

     

     SOURCES

    http://maria-antonia.justgoo.com/t7-ecrits-de-marie-antoinette 

      

      

     

     

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    Je voudrais ouvrir ici une rubrique consacrée aux écrits de Marie Antoinette. Pourquoi ? Eh bien parce que, depuis quelques mois, une rumeur entièrement fausse court sur certains forums. On prétend en effet que la dernière lettre écrite par la reine serait apocryphe.
     

    Ridicule, n'est-ce pas ?
    Les gens qui ont lancé ce bruit ne nous offrent pas un scoop, contrairement à ce que pourraient laisser croire des effets d'annonce. Sorg s'était déjà interrogé au sujet de ce document. Mais, depuis les années 50 et son étude, la recherche a fait du chemin, et plus aucun spécialiste de la reine ne conteste l'authenticité de cet écrit.
    Tous les biographes de la reine le mentionnent, voire même le citent in extenso. Et l'édition de la correspondance réalisée par Evelyne Lever nous montre le texte autographe.

    Une caution, non ?
    Mais alors, pourquoi douter de ce document ?
    Lorsqu'il fut retrouvé en 1816, Louis XVIII en fit établir nombre de copies. Celles-ci présentaient en fait une version corrigée de la lettre à Elisabeth.
    Nous en trouvons un exemplaire ici: http://pierre.lempereur.free.fr/Testament/testament%20Marie.htm
    Et voici l'original :

     

    Alors, bien sûr, quand on compare la copie à l'authentique :
     

    (copie en haut en bleu, authentique en bas en brun)
    je comprends qu'on puisse se déclarer étonné ! Le fac-similé imite en effet l'écriture... suffisamment bien, peut-être, pour que certains en arrivent à prendre le faux pour le vrai !
     

    C'était d'ailleurs un des arguments de son détracteur : comment Marie Antoinette, épuisée après des mois de captivité, des heures de procès et d'insomine, comment, donc, aurait-elle pu rédiger d'une traite et sans fautes une lettre si belle, elle qui commettait si souvent des erreurs de grammaire et d'othographe ?

     

    Mais, pour nous qui contemplons l'original, les présomptions s'envolent... C'est la version corrigée qui ne porte aucune faute, les dernières pensées écrites par Marie Antoinette présentent ses particularismes habituels : absence d'accents, ponctuation aléatoire, erreurs récurrentes...

     

    Regardez le "condamne" de la reine, corrigé en "condamnée" sur le fac-similé, son "quant" qui devient "quand"... Sa dernière lettre, si poignante, est en effet truffée de ces petites fautes habituelles qui la rendent encore plus émouvante à nos yeux, parce que, défintivement, elles la signent.

    SOURCES

    Le Boudoir de Marie Antoinette

    http://maria-antonia.justgoo.com/t7-ecrits-de-marie-antoinette

    Réponse..  

    Même les Girault de Coursac n'ont pas osé en contester l'authenticité: c'est un signe, car au moindre doute, ils auraient sauté sur l'occasion pour critiquer cet élan de vérité de la Reine, de la mère, de la soeur, de l'Amie, de la Femme qu'est Marie-Antoinette qui est plus Elle que jamais à quelques heures de mourir... Cette ultime lettre va de paire avec les réponses admirables que Marie-Antoinette fit au tribunal et en particulier à l'ignoble accusation d'Hébert...

     

      

     

      

     

     

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    Voici un extrait d'un rapport écrit par la Reine à madame de Tourzel lorsque celle ci devient gouvernante des enfants de France :
     

    "Mon fils a quatre ans, quatre mois moins deux jours, je ne parle pas ni de sa taille, ni de son extérieur, il n'y a qu'à le voir ; sa santé a toujours été bonne, mais même au berceau on s'est aperçu que ses nerfs étaient très délicats et que le moindre bruit extraordinaire faisait effet sur lui ; il a été tardif pour ses premières dents, mais elles sont venues sans maladies ni accidents ; ce n'est qu'aux dernières, et je crois que c'était à la sixième, qu'à Fontainebleau il a eu une convulsion ; depuis, il en a eu deux, une dans l'hiver de 87 ou 88 et l'autre à son inoculation, mais cette dernière a été très petite.
     

    La délicatesse de ses nerfs fait qu'un bruit auquel il n'est pas accoutumé lui fait toujours peur ; il a peur par exemple des chiens parce qu'il en a entendu aboyer près de lui.

    Je ne l'ai jamais forcé a en voir, parce que je crois qu'à mesure que sa raison viendra, ses craintes passeront ; il est comme tous les enfants forts et bien portant très étourdi, très léger et violent dans ses colères, mais il est bon enfant, tendre et caressant même, quand son étourderie ne l'emporte pas ; il a un amour-propre démesuré qui en le conduisant bien peut un jour peut tourner un jour à son avantage ;

    jusqu'à ce qu'il soit bien à son aise avec quelqu'un, il sait prendre sur lui et même dévorer ses impatiences et colères pour paraitre doux et aimable ; il est d'une grande fidélité quand il a promis une chose,

    mais il est très indiscret, il répète aisément ce qu'il a entendu dire, et souvent sans vouloir mentir il y ajoute ce que son imagination lui a fait voir, c'est son plus grand défaut, et sur lequel il faut bien le corriger. 

      

    Du reste, je le répète, il est bon enfant, et avec de la sensibilité et en même temps de la fermeté, sans être trop sévère, on fera de lui ce qu'on voudra, mais la sévérité le révolterait, car il a beaucoup de caractère pour son âge ; et, pour en donner un exemple, dès sa plus petite enfance, le mot Pardon l'a toujours choqué ;

    il fera et dira tout ce qu'on voudra quand il a tord, mais le mot Pardon il ne le prononce qu'avec des larmes et des peines infinies.  

    On a toujours habitué mes enfants à avoir une grande confiance en moi, et quand ils ont eu des torts, à me le dire eux même, cela fait qu'en les grondant j'ai l'air plus peiné et affligé de ce qu'ils on fait que fâché ; je les ai accoutumés tous à ce qu'un oui ou un non prononcé par moi est irrévocable, mais je leur donne toujours une raison à la portée de leur âge, pour qu'ils ne puissent pas croire que c'est humeur de ma part.

    Mon fils ne sait pas lire et apprend fort mal ; mais il est trop étourdi pour s'appliquer, il n'a aucune idée de hauteur dans la tête, et je désire fort que cela continue. Nos enfants apprennent toujours assez tôt ce qu'ils sont.
    Il aime beaucoup sa sœur et a bon cœur : toutes les fois qu'une chose lui fait plaisir, soit d'aller quelque part, ou qu'on lui donne quelque chose, son premier mouvement est toujours de demander pour sa sœur de même ;

    il est né gai, il a besoin pour sa santé d'être beaucoup à l'air, et je croit qu'il vaut mieux le laisser jouer et travailler à la terre, sur la terrasse que de le mener promener plus loin :

    l'exercice que les petits enfants prennent en courant et jouant à l'air est plus sain que de les forcer à marcher, ce qui souvent fatigue les reins..."
     

    Ce texte magnifique est sans doute la meilleur réponse à donner à tous ces torchons écœurant (pamphlets et feuilles révolutionnaires) qui salissent la reine et sa famille...

     

     

     

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