• Exhumation des restes royaux en 1817

     

     

    Exhumation des restes royaux en 1817


    Exhumation des restes des rois et des reines de France dans le cimetière des Valois
    par François Debret et Joseph François Heim.
    Musée du château de Versailles © RMN



    Les tombeaux royaux et princiers sont profanés durant la révolution française, entre le 6 août et le 25 octobre 1793.
    Les corps de plus de 150 personnes sont précipités dans deux fosses communes creusées dans l’ancien cimetière des moines au Nord de la basilique.
    Au total, les révolutionnaires y ont jeté les restes de :
    - 43 rois
    - 32 reines
    - 63 princes du sang
    - 10 serviteurs du royaume
    - plusieurs grands abbés de Saint-Denis …

    Ces restes humains vont rester enfouis dans ces deux grandes fosses pendant 23 ans.

    En 1814-1815, après l’effondrement de l’empire napoléonien, la royauté est rétablie en France. Des royalistes dressent alors un tumulus à l’emplacement présumé (mais erroné !) des fosses.
    Le 24 avril 1816, une ordonnance du Roi Louis XVIII décrète que les restes de toutes les tombes violées seront exhumés des fosses communes et déposés dans un caveau spécial, près des dépouilles mortelles présumées de Louis XVI et Marie Antoinette que l’on venait de rapatrier à Saint-Denis.

    Il faudra des mois d’enquêtes pour retrouver des témoins des profanations de 1793. On interroge notamment Alexandre Lenoir et François-Louis Scellier qui s’était enrichi en transportant les monuments brisés.
    Finalement, le 10 janvier 1817 les plans d’exhumation sont établis pour guider les ouvriers.

    Les fouilles commencent dans le jardin le 13 janvier 1817 à 8 heures du matin, juste au Nord du transept (ancien cimetière des moines, avant la Révolution). L’atmosphère est lugubre.
    Les travaux se font en présence de Charles-Henry Dambray, grand chancelier de France, ainsi que d’Alexandre Lenoir et de Scellier. On dispose d’un rapport détaillé, établi sous la direction de Dambray, et d’un rapport d’un certain M. de Geslin, 2° aide des cérémonies, qui a assisté à tout.

    Or, les sondages dans le sol le 13 janvier ne donnent rien. Alors on interroge d’autres témoins à la mairie et on consulte les archives municipales. Les recherches se poursuivent jours et nuits sous une pluie incessante, la nuit à la lumière des torches qui éclairent le terrain. Quelques squelettes sont déterrés, rien de plus. Et dans l’ancien cimetière des moines, ce n’est guère étonnant.

    Enfin, le 18 janvier ,tard dans la nuit, on découvre les deux fosses. On va trouver dans chacune un paquet de squelettes d’environ 3 mètres cube. On décide de creuser tout autour pour bien délimiter les énormes masses d’ossements compacts .
    Quelques cercueils en bois peint en noir et fleurdelysés avaient été préparés pour les recueillir : un énorme sarcophage pour les Bourbons, quatre cercueils pour Mérovingiens, Carolingiens, Capétiens directs et Valois.
     

      

    Le rapport nous apprend que « les ossements étaient tous en état de dessication (…) et il était impossible d’y rien trouver entier (…) et dans l’ordre naturel, si ce ne fut les portions inférieures de trois corps gisant dans leur situation naturelle, en état complet de dessication comme tous les autres ossements, mais sans adhérence au surplus du corps dont elles avaient été séparées par l’affaissement des terres. »
     

    [ NB. : cette phrase est assez délicate à interpréter. Sur la question de la tête prétendue d’Henri IV retrouvée en 2010, elle a été souvent invoquée. Je renvoie au sujet voisin concernant ce problème. ]

    Un petit pavillon est transformé en chapelle ardente pour recevoir les cercueils.
    M. de Geslin témoigne : « Un mélange inexplicable de sentiments de joie, de douleur et de respect animait toutes les personnes présentes (…). Un silence solennel règne partout, on n’entend que la voix seule du prêtre qui, récitant des prières semble inviter les augustes mânes d’abandonner le fonds de l’abîme où le crime les avait relégués.
    C’est au milieu de ce calme majestueux et à la lueur d’une prodigieuse quantité de flambeaux disséminés sur la surface irrégulière du cimetière, c’est à cette lueur rendue plus terrible encore par les reflets des recoupes du terrain et surtout par l’immense édifice de l’église que s’est passée cette scène aussi belle, aussi grande que difficile à décrire. »
     

      

    Puis le lendemain, 19 janvier 1817, les cercueils sont placés dans le caveau qui avait été aménagé dans la crypte.
    Aucun membre de la famille royale n’assiste aux services célébrés ce jour-là. Toutefois, 90 000 francs furent dépensés pour que les cérémonies soient convenables.
    Les ossements royaux et princiers furent finalement placés dans un ossuaire, dans l’ancien caveau du maréchal de Turenne. Ils y sont toujours.

    sources

    http://saintdenis-tombeaux.forumculture.net/t64-exhumation-des-restes-royaux-en-1817 

     

     

     

     

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