• Intimité et XVIIIème

     

     

     

      
      
    Au XVIIIe siècle, vie mondaine oblige, on se couche tard, quelquefois à l'aube. Récite-t-on comme au siècle précédent ses prières, son Pater, son Ave et son Credo, suivies d'un examen de conscience ? Sûrement.
      

     
    En tout cas, au XVIIIe, on se lave. Plus question de faire une toilette "sèche" (s'essuyer simplement le corps avec un linge blanc) ou de se laver seulement les mains avec de l'eau parfumée
     
    ( (des mains sales manquant de distinction).
     
    Au XVIIIe, avant de se coucher, on fait une toilette du soir. On se lave le visage avec de l'eau afin de "déhâler le teint ", on peut "écraser quelques fraises sur ses joues, les laisser sécher pendant la nuit et le lendemain se laver avec de l'eau de cerfeuil. Alors la peau devient belle, fraîche et luisante".
     
    Plus question comme au XVIIe, afin de préserver sa coiffure si compliquée, de dormir avec une coiffe de taffetas graissé, doux repaire des poux et du prurit.
    Après s'être longuement brossé les cheveux, on les enroule dans des papillotes que l'on enserre dans un bonnet appelé "dormeuse". Et l'on prend l'habitude de porter une chemise de nuit.
     
     
     
    Ou plutôt une "chemise conjugale" percée d'un petit trou judicieux permettant aux époux de remplir leur devoir.
     
    Puis, après s'être assuré qu'une collation, en cas de fringale nocturne, en général du bouillon, est posée sur la petite table de chevet et que le vase de nuit, appelé "bourdaloue" *, se trouve à disposition, on se glisse dans le lit, souvent encastré dans une alcôve qui retient la chaleur.
     
     

    Ci-dessus, un nécessaire à parfums du XVIIIe siècle
    contenant deux flacons en verre et un entonnoir.

     
     
    Un lit confortable et sophistiqué : pas moins de trois matelas de laine et de plume, des draps, des traversins, des oreillers, des couvertures et une courtepointe.
     
    Ensuite, on éteint la bougie avec les mouchettes, petites pinces en ciseaux permettant d'écraser la mèche ou avec un éteignoir de forme conique qui étouffe la flamme.
    Et ensuite... on rêve.
     
    Au XVIIe, on masquait la crasse du visage considérée comme protectrice sous des couches de fards , on inondait de parfums violents le corps, après l'avoir purgé et abondamment saigné et surtout on fuyait l'eau qui " en dilatant les pores de la peau", était perçue comme le vecteur de toutes les épidémies.
     
    La seule hygiène, au XVIIe, consistait finalement en l'épouillage (tant la vermine abondait).
     
    La propreté commence dans la seconde moitié du XVIIIe. L'eau n'effraie plus, on s'interroge même sur ses vertus thérapeutiques (pour soigner, par exemple, l'hystérie féminine... On prend un bain, et par là, on se repose...).
     
     
      
      
    C'est sous Louis XVI qu'arrive le règne de la baignoire, considérée comme un meuble de luxe.
     
    En marbre, en cuivre, en bois ou en tôle , en forme de cuve, de sabot ou en méridienne, la baignoire trône au milieu de la salle de bains.
      
      
    On peut prendre son bain seul et recevoir ses intimes pour y tenir conversation telle la Princesse de Genlis qui tenait des "bains salons"
      
    (tout en prenant soin de verser du lait dans l'eau afin de la rendre opaque.)
     
    On pouvait aussi prendre le bain à plusieurs, certaines baignoires étant assez grandes pour y recevoir quatre personnes. Inutile de dire que le thème du bain inspira maints peintres du XVIIIe...
     
    Et c'est aussi au XVIIIe que le bidet fit son apparition.. Mais là, c'est une toute autre histoire...

      
      
    * Bourdaloue : du nom du prédicateur de Louis XIV dont les sermons étaient tellement longs que les dames emportaient par précaution ce petit vase à la messe.
     
     
     
     
    Sources
    http://instants.over-blog.com/tag/Vie%20au%20quotidien/
     
     
     
     
     
     
     
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