• JOSEPH DUCREUX, Portraitiste de la Reine

     

     

    Joseph Ducreux (1735-1802) Premier peintre de la reine Marie Antoinette
     
     
     
    Son autoportrait au Louvre


    Joseph Ducreux, né à Nancy le 26 juin 1735 et mort le 24 juillet 1802 sur la route de Paris à Saint-Denis. C’est un portraitiste, pastelliste, miniaturiste et graveur lorrain, naturalisé français en 1766.
    Il a dû étudier son art d’abord avec son père, peintre également. Installé à Paris en 1760, il travaille avec Maurice Quentin de La Tour, spécialiste du portrait au pastel. Pour sa technique de peinture à l’huile, l’influence de Jean-Baptiste Greuze est importante.
    Spécialiste du portrait, Ducreux a pour modèles de ses premiers pastels : Pierre-Jean Mariette, le Comte de Caylus et Ange Laurent Lalive de Jully et son épouse.

     

    Ces premières œuvres sont probablement des copies d’après son maitre de La Tour.

     

     
    Portrait de Madame Lalive de Jully, 1764 Saint-Quentin, musée Antoine Lécuyer
     
     

     
    Portrait de Ange Laurent Lalive de Jully, 1765 Saint-Quentin, musée Antoine Lécuyer

     

     

    Marie-Antoinette n’a encore que treize ans lorsqu’on négocie son mariage avec le futur Louis XVI. En 1769, Joseph Ducreux est envoyé à Vienne pour réaliser son portrait avant qu’elle ne quitte son pays natal pour épouser le dauphin de France. Le peintre n’a alors que 24 ans.

     

     

     
     
    Pierre-Ambroise-François Choderlos de Laclos (1741-1803), écrivain Versailles, châteaux de Versailles et de Trianon
     
     
     
     

    Marie-Antoinette de Lorraine-Habsbourg (1755-1793), alors archiduchesse d'Autriche en 1769
    Versailles, châteaux de Versailles et de Trianon, acquisition : février 1998
     

    Il s’agit a priori du pastel que Louis XVI eut dans son appartement intérieurLouis XV présentant le portrait de Marie-Antoinette de Ducreux au Dauphin en avril 1770, en présence de Mesdames, des comtes de Provence et d'Artois, de Mesdames Clotilde et Elisabeth enfant Gravure d’après Jean-Baptiste-André Gautier d'Agoty (1740-1786) Versailles, châteaux de Versailles et de Trianon

    Marie-Antoinette ne fut sans doute pas déçue de l’ouvrage puisque, lorsqu’elle devint dauphine, elle fit de Joseph Ducreux son premier peintre et employa sa femme dans la Maison royale. Fait baron, il devient le premier peintre de la Reine en bien qu’il ne soit pas membre de l’Académie royale de peinture.

    Le peintre sera dès lors un portraitiste et pastelliste talentueux de la cour de France, avant de représenter Mirabeau, Robespierre, Saint-Just et lui-même à l’occasion. Il exposera ses tableaux au Salon de 1791 à 1801.

     


    Marie-Antoinette de Lorraine-Habsbourg, archiduchesse d'Autriche, reine de France (1755-1793)
    représentée vers 1770, alors Dauphine de France
    (la figure reprise de son portrait peint au pastel exécuté à Vienne en 1769)
    Versailles, châteaux de Versailles et de Trianon 

     

    La Révolution française le fait s’installer à Londres, où il dessine les derniers portraits de Louis XVI juste avant son exécution. De retour à Paris en 1793, Jacques Louis David s’associe à lui et l’aide à poursuivre une carrière officielle. La résidence de Ducreux devient un salon informel où les artistes se font portraiturer.

     

    Ducreux a joué aussi un rôle politique ; ses relations étaient considérables ; il a peint la cour d’Allemagne, celle d’Angleterre, celle de France ; il a connu tous les personnages marquants de son époque, dans tous les rangs ; il a laissés des documents précieux pour l’historien.
    Ducreux était également connu pour avoir le caractère le plus irascible du monde, il était toujours en colère ; Méhul a fait son portrait dans le personnage de l’Irato ou l’Emporté, dont les paroles sont de Marsollier.


    Marie-Clothide-Xavière de France (1759-1802), dite Madame Clotilde
    D’après Ducreux Joseph
    Versailles, châteaux de Versailles et de Trianon  

    Joseph Ducreux a eu plusieurs enfants :

    Son fils ainé, Jules, était peintre de batailles ; capitaine d’infanterie à vingt-six ans, le général en chef Dumouriez auquel il fut attaché à en qualité d’officier historiographe de l’armée, faisait le plus grand cas de lui. Son caractère, son talent comme peintre, son travail assidu, ses vastes connaissances faisaient espérer pour lui un brillant avenir, lorsqu’il mourut des suites des fatigues de la bataille de Jemmapes.

     

    Dumouriez lui donna le sabre qu’il portait à cette bataille même. Ses plans, ses travaux, ses dessins finirent aux archives du ministère de la guerre.
    Son autre fils, Léon, filleul du duc et de la duchesse de Feltre, était soldat d’ordonnance sous les ordres immédiats de son frère.

     


    Portrait de Louis XVI, entre 1792 ou 1793
    Paris, musée Carnavalet 

    Peintre de fleurs, il mourut de langueur, à Strasbourg, chez sa marraine, épuisé par les fatigues de la guerre. Le dernier fils de Ducreux, Adrien, élève de son père et de Greuze, annonçait les plus heureuses dispositions pour la peinture lorsqu’il mourut à seize ans.
    Sa fille ainée Rose-Adélaïde s’illustra également en peinture mais mourut à trente-et-un ans.

     

    Une seule enfant a survécu à Joseph Ducreux, Antoinette-Clémence Ducreux, filleule de la reine Marie-Antoinette. Remarquablement jolie et aimable ; elle était peintre de fleurs, de miniature et de portrait au pastel ; elle a servi de modèle à Greuze à l’âge de 15 ans pour l’Accordée de village, qui est tout simplement son portrait.

    Elle épousa son cousin germain, Maignan Ducreux, filleul du duc d'Orléans.

     


    Louis Antoine, comte de Bougainville (1729-1811)
    Versailles, châteaux de Versailles et de Trianon 

     

    Ducreux fut un portraitiste incisif, comme en témoignent ses Autoportraits, très expressifs, souvent grimaçants, où il se figure parfois moqueur, riant aux éclats, baillant ou se montrant du doigt. Comme son maître La Tour, il porte tout son intérêt sur le visage humain, qu'il veut vivant, voire spirituel  ; le refus des accessoires et un métier vigoureux lui permettent de rendre très émouvante l'effigie de ses modèles, même officiels. Ducreux exécuta aussi des miniatures pour des tabatières.

     

    Ses autoportraits bien connus de la fin des années 1780 montre son intention de rompre avec la tradition et son intérêt pour la physionomie. Cette pseudo-science se base sur le physique et plus particulièrement le visage de quelqu’un pour définir son caractère et sa personnalité. Ducreux tente de capturer et de rendre la personnalité de ses modèles.

     


    Etienne-Nicolas Méhul, compositeur (1763-1817) en 1795
    Versailles, châteaux de Versailles et de Trianon 

     

    L’habitude qu’avait ce peintre de refaire souvent son propre portrait, dans des attitudes différentes, lui facilitait merveilleusement le talent d’atteindre la ressemblance et de saisir l’expression des physionomies.

    L’autoportrait connu sous le nom du Moqueur est le plus remarquable de cet artiste.

     

     
    Autoportrait dit Le moqueur Versailles, châteaux de Versailles et de Trianon

     

     

    Joseph Ducreux est mort d’une apoplexie foudroyante, sur la route de Paris à Saint-Denis, laissant, à Nancy, des descendants en ligne collatérale qui, pendant près d’un siècle, ont habité la maison dite des Adam, située 67, rue des Dominicains, remarquable par ses sculptures.

     

    Source : Wikipédia.
    Bibliographie Georgette Lyon, Joseph Ducreux. Premier peintre de Marie-Antoinette, Paris, 1958. Émilie-Juliette Gauby, Joseph Ducreux 1735-1802. Peintre de portraits, mémoire, Blaise Pascal Université de Clermont II, 2004.

     
     
     
     
     
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