• La SALVE de MARIE-ANTOINETTE

     

     

    Connaissances de Versailles se propose de faire découvrir à travers des notices détaillées, une œuvre conservée dans le Musée National.Ce mois ci découvrons la " salve"

    de toilette de Marie Antoinette


    Selon le dictionnaire de l’étiquette de Mme de Genlis et les «  Etats de la France », le plateau appelé la «  salve » était une soucoupe de vermeil sur laquelle les mouchoirs étaient présentés au Roi comme les «  honneurs » à la Reine.

    Selon l’édition de la Pléiade , « on appelle les  honneurs  :  outre la chemise et la serviette à laver, les mouchoirs , les gants, les coiffes, les boites , à déposer , à la fin de la toilette, sur une soucoupe garnie et recouverte d’un grand taffetas. C’est ce qui s’appelait la [i]«  salve » pareillement au verre et à la serviette s’il en est question hors et pendant les repas. ». [/i]

     

    Cette gestuelle d’étiquette avait pour but, probablement d’une part de glorifier le respect qui été du aux souverains en suivant un protocole très précis et réglementé qui interdisait de remettre quelque chose, directement aux personnes royales, et d’autre part, assurer un moyen de protection contre l’empoisonnement au même titre que les essais des «  couverts » ou les coffres fermants à clef dans les appartements.

    Nous disposons, depuis mai 2006 avec la sortie du film «  Marie Antoinette » de Soffia Coppola, d’un support filmé – très bien fait - qui nous restitue parfaitement les subtilités de l’étiquette du lever de  la reine, avec le rôle de la dame d’honneur, des dames du palais, des femmes de chambre ainsi que tous ces gestes protocolaires à propos notamment du lavage des mains, et de la présentation de la chemise, ponctués de multiples révérences. Dans ce film, Mme de Noailles, la dame d’honneur, indique à la jeune dauphine, qu’elle ne doit rien prendre directement des mains de ses femmes, mais de celles d’une princesse ou d’une dame.

    Cette salve était une gantière ou un plateau à gants, de matériaux variés mais très souvent précieux, plus ou moins creux sur un pied qui servait à présenter les gants et les bijoux. Ces gantières, généralement disposés en paire, faisaient partie de la garniture de la «  toilette ». On trouve ce terme de «  salve » dans l’inventaire général du mobilier du Roi pour désigner un plateau circulaire, servant, à la Cour,  à présenter mouchoirs, gants, lors  de la toilette de représentation du Roi et de la Reine.

     

    La salve de la Reine était une espèce de soucoupe de vermeil sur laquelle les boites, les étuis, la montre et l’éventail de la Reine lui était présentés, couvert d’un taffetas brodé qui ne se lève qu’en lui présentant. Toutes les reines en ont possédaient, Marie Antoinette en avait deux comme celle ci dans son nécessaire de toilette de vermeil ciselé par l’orfèvre Germain  héritée de la dauphine Marie Josèphe.  Les gantières sont ainsi décrites dans un devis lorsque l’on remis aux armes de la nouvelle dauphine :

     

    « Deux gantières à compartiments de fleurs de lys sur différent rouleaux d’ornements en rinceaux polis, avec des supports de dauphins en reliefs sur les quatre contours principaux sont des bas-reliefs representans différens attribus, sur les parquets de fleurs de lys étoient les bas reliefs d’attribus de Pologne qui ont été rechangés ainsy que la totalité du contour dont les oves ont été toutes repassées, refrapeés et recicizelées, les perles et larmes a été refaites, les guirlandes de fleurs d’argent à neuf, les anciennes etant toutes brisées et hors d’état de servir, regravé toutes les formes du dessous ainsy que les armes  repointillé les parquets de fleurs de lys ainsy que le parquet de deux guirlandes de laurier qui entourent le portrait de Monseigneur le dauphin , avoir repris partout pour oster les coups, poncé, charbonné et poly, mis en état à neuf pour pouvoir estre doré »

    Elle possédait également un autre plateau ovale en argent doré, émail et camée «  dans l’armoire des bains » selon l’inventaire de ses objets d’art, entreposés dans ses cabinets intérieurs, à la veille de la Révolution.

    D’autres plateaux, plus ordinaires et d’un usage courant, devait être en usage à l’intérieur de ses pièces , notamment dans la salle et la chambre des bains , la garde robe à chaise et le cabinet de toilette prés de la grande chambre de la Reine.

    Il est très rare qu’un objet si usuel soit parvenu jusqu’à nous, dans les collections nationales, car outre la préférence dans les carrosses et le service de la chemise et de la serviette, les dames d’honneur avaient également le service de la «  salve ». au décès des reines et des princesses.

     

    Elle en obtenaient la «  dépouille » c’est à dire qu’elle en héritait avec toute la garniture de toilette qui se trouvait dans la chambre au moment du décès, tout comme une partie du meuble de la chambre, d’un cabinet ou d’une partie de l’écrin privé des bijoux, des objets d’art décoratifs, ou de l’argenterie  etc…Ces objets usuels -  souvent très précieux – sortaient ainsi des collections royales , et cela explique parfois, que ces sortes d’objets – appartenant à des collections particulières – passent aujourd’hui en ventes publiques.

    Le catalogue de l’exposition Marie Antoinette qui s’est tenue en 1955 à Versailles la répertorie sous le n° 666
    « Présentoir aux armes de Louis XVI dauphin et de Marie Antoinette archiduchesse 1770
    Vermeil d’Augsbourg .
    Travail de L.W Dommans, exécuté par Rauner
    Sur le piedouche une inscription indique « Fait par Guillaume Michel Rauner Augsbourg »
    Poinçon de la marque Rauner
    Donné par l’impératrice à sa fille à l’occasion de son mariage
    Le grand sujet central représente, éclairés par Apolon deux personnages symbolisant la France et l’Autriche se serrant la main. Des amours soutiennent l’écu de France écartelés par des dauphins,  ainsi que celui d’Autriche.

    Vente de San Donato 1880
    Achat par le Baron Nathaniel de Rothschild
    Don du comte et de la comtesse Niel au Musée lors de l’exposition de 1955 »



    GDC



    Découvrir l'objet :
    Salve exposée sur une étagère du 1e suplement de biblitohéque de la reine

     

    sources

    http://www.connaissancesdeversailles.org/t328-la-salve-de-toilette-de-marie-antoinette

     

     

     

    « Les corps de Louis XVI et de Marie AntoinetteJOSEPH DUCREUX, Portraitiste de la Reine »
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