• Les prisons sous la terreur, les détenus...

     

     

     Problèmes des prisons et des conditions d'internements et des procédures judiciaires.

    Je m'appuie sur l'ouvrage suivant :
    LA DERNIERE LETTRE
    PRISONS ET CONDAMNES DE LA REVOLUTION
    OLIVIER BLANC
    .


    A partir de l'an II, on compte une quarantaine de prisons, parfois des lieux inopportuns, bricolés à la hâte, bâtiments, collèges, casernes, monastères, maisons de santé et hôtel particuliers. Notamment celui de Mr de Talaru. On lui loue son hôtel transformé en prison dans lequel il habite. Il a juste trois pièces qu'il loue à la Convention plus cher que le loyer qu'il touche pour l'ensemble de son hôtel.

    Anecdote.

    En 1793-1794 prés de 7000 personnes ont été internés. Hormis les prisonniers de droit commun, on retrouve en plus trois sorte de détenus.
    -ceux condamnes par le Tribunal Révolutionnaire à la gène ou aux fers
    -ceux dont l'instruction est en cours
    -les "suspects"
     

    Après le 17 septembre 1793, la Convention crée la loi des suspects qui vont devenir l'essentiel des prisonniers.
     

    Cette loi, qui marque de fait l'arrivée de la Terreur.
    Est considère comme suspect, ceux qui par leur conduite, leurs relations, leurs propos ou écrits se montrent "partisans de la tyrannie ou du fédéralisme et ennemis de la liberté.", ceux qui ne peuvent justifié de moyens d'existence légaux, parents d'émigré qui n'ont pas manifesté d'attachement à la Révolution, émigré, et ceux qui avaient émigrés et qui revenus avaient été acquittés avant le vote de la loi !

    Suivant que l'on avait les moyens ou pas on était logé "à la paille",c'est à dire en dortoir commun, ou "à la pistole"en cellule particulière. On pouvait se faire porter des repas de l'exterieur. Les plus riches se retrouvaient en maison de santé et contre monnaie sonnante et trébuchante on semblait les oublier souvent.

     Fichier:PrisonAbbaye.jpg

     

    Prison de l'Abbaye :

    Ancienne prison seigneuriale aussi détesté que la Bastille.

    Située environ au numéro 168 du Bd St Germain actuel.

    On y trouvait :
    -des droits communs
    -des officiers et soldats de la suite royale arrêtés après le 10 août
    -des prêtres et moines réfractaires.


    Détenus célèbres :
    -Comte de Montmarin
    -L'abbé l'Enfant (confesseur du Roi)
    -Abbé Rastignac
    -Duc d'Orléans (Philippe Egalité) 
    -Mme Roland
    -Vergniaud
    -Charlotte Corday

     

     

    Paris. L'ancien couvent des Madelonnettes (construit en 1620), 6 rue des Fontaines-du-Temple (IIIème arr.) converti en prison sous la Terreur. 1794. RV-323303

     

     

    Les Madelonnettes

    Ancien couvent placé sous la protection de Ste Madeleine
    Administrateur Marino, faïencier et peintre sur porcelaine, plutôt sympa avec les prisonniers
     

    Détenus célèbres
    -Chamfort
    -La Touer Du Pin, le ministre du Roi, le Témoin du procès de la Reine, le beau-père de la mémorialiste.
    -Général Lanoue
    -Fleury l'acteur célèbre
    -Boullainvilliers, l'administrateur du Théâtre Français

     Fichier:Port-royal gravure.jpg

    Port Libre
    Ancien couvent de Port Royal
    détenus célèbres
    -Florian poete
    -Vigée poete
    -Anne Marie de Beaufort poète
    -Victor de Broglie 'complice du Dumouriez)
    -Malesherbes
    -Citoyenne Momoro (celle qui fait le role de la déesse Raison, comme quoi !)
    -Mme de Simiane (maitresse de la Fayette)

      

      

    Hôtel de la Force

    Prison dés 1782. elle est divisé en deux
    -Petite Force pour les femmes , entrée rue Pavée
    -Grande Force pour les hommes, entrée rue du Roi de Sicile
    Une des prisons les plus célèbres pour ses massacres de septembre

    détenus célèbres
    -Olympe de Gouges
    -Duchesse de Bourbon (sœur de Philippe Égalité )
    -André Chenier
    -princesse Caroline de Monaco
    -Duc et Duchesse du Chatelet
    -Comte de Saint Paul
    -Mme d'Epremesnil
    -Prince d'henin
    -Comtesse d'Ossun 
    -Mme de Lamballe 
    -Mme de Tourzel, mère et sa fille
    -Thierry de Ville d' Avray (1er valet de louis XVI)

     

     

      

    Ste Pelagie

    Avant la révolution, hospice pour recevoir des prostituées
    détenus célèbres
    -Duc de Biron( général républicain, suspecté de trahison avec raison)
    -Mme Roland (après l'abbaye)
    -Mme du Barry 
    -Mme de Bonneuil (amour d'André Chenier la fameuse "camille")
    -Graccus Babeuf
    -Hubert Robert le peintre

     

    La prison des Anglaises

    Ancien couvent de bénédictines anglaises

     

      

    Détenus célèbres
    -Les bénédictines
    -Marie babin de Grandmaison (maitresse du baron de Batz activement recherché)
    -Mme Duval d'Epremesnil (donnait asile au sus dit baron)

     

     

    Bicetre

    Au XVIIe siècle d'abord établissement hospitalier puis rapidement prison de forçats en partance pour le bagne 

     

    Le Luxembourg

    le concierge se nomme Benoit



    Détenus célèbres
    -Duchesse d'Orléans (femme de Philippe Egalité  )
    -Basire
    -Chabot
    -Mr de la Borde de Méreville (ex valet de Louis XV)
    -Mr de Talaru
    -Président Nicolaî
    -Mr de la Ferté
    -Duc de Levi
    -Marquis de Fleury
    -Comte de Mirepoix
    -Maréchal et Maréchale de Mouchy (ensemble dans la même cellule, (rarissime))
    -Général Dillon


      

    Le Plessis ou prison Égalité

    Situé rue Fromental
    Concierge Mr Haly
    Détenues célèbres :
    -Duchesse de Duras
    -Mme Deveaux (son mari est le secrétaire de Batz)

     

     

    Saint Lazare ou Maison Lazare

    Situé au nord de paris à l'extrémité du Fbg St Denis

    Détenues célèbres :
    -Mme de Talleyrand-Perrigord
    -Mme de Saint Aignan
    -Mme de Maillé

    massacressept1792.jpg

     

    Les Carmes

     


    Ancien couvent de la rue de Vaugirard. Certainement une des prisons les plus redoutables.

    Détenus célèbres :
    -Mme de Nicolaî
    -Alexandre de Beauharnais
    -Prince de Salm

     

     

    La Conciergerie

    En réalité plus qu'une prison c'est un lieu de transfert avant de passer au Tribunal Révolutionnaire et de là à l'échafaud.

      

      

      

    On y passait souvent ses derniers jours venant d'une autre prison, ou sa dernière nuit, mais pas toujours.

     

      

    Fabre d'Eglantine, guillotiné

      

    La liste est trop vaste pour indiquer tous les détenus,

    mais c'est là La Reine Marie Antoinette, a été enfermée

    du 2 août au 16 octobre 93.



    Les condamnés ont souvent écrit une dernière lettre qui à leur ami, leur femme ou mari, leur parent, leur logeuse, voire à Fouquier Tinville soi même. Ces lettres ne sont jamais parvenus à leurs destinataires et furent épinglés à leurs dossiers. C'est pour cela que nous en avons connaissance aujourd'hui.

    C'est souvent leurs dernières volontés, des legs, des messages d'amour ou de colère, une prière à Dieu ou à l'Etre Suprême. Mais il est un fit c'est que tous demandent à ce que leurs dettes soient intégralement payés.

    Certains messages sont très émouvants par leur essence même bien sur, écrits parfois 1/2 heure avant le départ de la charrette, par leur émotion, de larmes sur le papier, comme Celle de la Reine.

    Pour finir aujourd'hui je voudrais citer la dernière lettre de Fouquier Tinville.
     

    "je n'ai rien à me reprocher ; je me suis toujours conformé aux lois ; je n'ai jamais été la créature de Robespierre ou de Saint Just ; au contraire, j'ai été sur le point d'être arrêté 4 fois. je meurs pour ma patrie, sans reproche, je suis satisfait ; plus tard on reconnaitra mon innocence."

    Pour ma part j'espère qu'il grille en Enfer 

    Bientôt je mettrai sur le site la liste des prisons et adresse d'aujourd'hui.

    Mes remerciements à Mr Olivier Blanc pour son ouvrage remarquable.


    Monsieur de Talaru

      

      

    sources

      

    Lettre de Madame Rolland.....

    Nous connaissons tous le fol amour, demeuré chaste, qui unit Manon Roland et le député girondin Buzot. Jeanne Grall a écrit un passionnant "Girondins et Montagnards, les dessous d'une insurrection (1793) " aux Editions Ouest France:

    " Peu avant de subir la peine capitale, Mme Roland a pris le temps d'écrire une dernière lettre d'adieu à son cher Buzot en s'abstenant de le désigner. Mais on ne saurait douter du nom du destinataire qui recevra, bien longtemps après la mort de Manon, ces lignes témoignant d'un profond amour :

      

     " ... toi que je n'ose nommer, toi que la plus terrible des passions n'empêcha pas de respecter les barrières de la vertu, tu t'affligeras de te voir précédé au lieu où nous pourrons nous aimer sans risque ..."


     

     

     

    Guillotine élevée en place du Caroussel le 13 août 1792, 

     

     

     

     

     

     

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