• LOUIS XVI

     

     

     

     

    "Louis XVI est à n'en pas douter, l'un des personnages les plus importants de l'Histoire. Parce qu'il a fait et parce qu'il a laissé faire. Ce qu'il a fait: la guerre contre l'Angleterre pour l'indépendance des Etats-Unis d'Amérique, et la convocation des états généraux. Ce qu'il a laissé faire: la Révolution" (Jean de Viguerie, Historia, Thématique, Louis XVI, n°99 janvier-Févrer 1999, p. 16).

     

     

    UN ROI BON ET MISERICORDIEUX

    "S'il professe alors la bienfaisance, c'est qu'il est réellement et naturellement bon. Il est miséricordieux. Nous avons de nombreux exemples de sa sollicitude envers les pauvres. Au début de son règne, à peine accompagné, il visite les taudis de Versailles, y distribuant des secours.

      

    Lors du mauvais hivers 1783-1784, il fait preuve du plus grand dévouement. Un des aumôniers de la Cour, l'abbé Bergier, en donne le témoignage suivant: "Depuis le 28 décembre jusqu'au 20 février, nous avons eu habituellement deux à toirs pieds de neige, un froid rigoureux et tous les chemins glacés. Le roi s'est beaucoup occupé de la misère publique et des souffrances des pauvres et y a remédiés" (Jean de Viguerie, Historia, Thématique, Louis XVI, n°99 janvier-Févrer 1999, p. 16).

    "[...] Il est bon père et aussi bon époux qu'il peut l'être. Bons pères, ses prédécesseurs l'avaient été, mais bons époux, certes pas. Louis XVI est le premier roi Bourbon depuis Louis XIII qui n'ait pas trompé sa femme. Par la dignité de ses moeurs, il honore la royauté, il est digne d'elle. En d'autres temps, la vertu de Louis XVI aurait pu servir sa popularité, conforter son autorité. Mais les moeurs de la Cour et de la ville sont en ce siècle trop corrompues. "La Révolution, écrira Olympe de Gouges, s'est faite dans un siècle de pervers". On aimerait mieux dans ce milieu perverti un roi débauché.

      

    On se moque d'abord de ce que l'on prétend son impuissance sexuelle, ensuite de sa fidélité conjugale. Et, comme on ne peut pas encore le salir, on entreprend de diffamer son épouse. Dès 1778, quatre ans à peine après l'avènement, des couplets orduriers traînent la reine dans la boue, la qualifiant de courtisane et de messaline" (Jean de Viguerie, Historia, Thématique, Louis XVI, n°99 janvier-Févrer 1999, p. 17).

    UN ROI A L'EXTRAORDINAIRE CURIOSITE INTELLECTUELLE

    "Louis XVI a une autre qualité qui frappe dès l'abord: son extraordinaire curiosité intellectuelle. On lui a tout appris: les humanités, les sciences, l'histoire, la géographie, le droit et l'économie politique. Jamais aucun roi de France n'avait reçu une instruction aussi poussée.

      

    En outre, son éducation achevée, il continue d'apprendre par lui-même. On reste confondu de cette applciation studieuse maintenue après l'âge des études. "J'ai senti, dit-il un jour à Malesherbes, au sortir de mon éducation que j'étais loin encore de l'avoir complétée. je formai le plan d'acquérir l'instruction qui me manquait. Je voulus savoir les langues anglaise, italienne, espagnole. Je les appris seul". Il joint à ce travail la lecture de tous les "bons ouvrages" (l'expression est de lui) qui paraissent.

      

    Sa bibliothèque personnelle ne cesse de s'accroître. Le catalogue en sera dressé pendant la Révolution. Elle comptait à la fin du règne plus de quinze mille volumes. Et ce n'est pas une bibliothèque d'apparat, loin s'en faut. "Le roi, écrit le journaliste Malet du Pan, lit beaucoup, et tous les ouvrages de sa bibliothèque lui sont passés entre les mains".

    "Il se passionne pour la physique et la chimie. Il a un atelier de physique à Meudon. Il suit de très près les découvertes de Lavoisier, et correspond avec lui. C'est à Versailles et en sa présence que, le 19 septembre 1783, Joseph Montgolfier réalise l'une de ses premières expériences d'aérostation. Ses connaissances en hydraulique sont remarquables.

      

    Lors de son voyage à Cherbourg en 1786, ingénieurs et marins s'en émerveillent. Enfin, il est sans doute l'un des meilleurs géographes de so nroyaume. Tout enfant, il avait appris à lever els cartes. En collaboration avec les bureaux de marine, il trace son itinéraire à La Pérouse. Il s'inspire pour cela des voyages du capitaine Cook, dont il avait reporté les routes au crayon sur la grande mappemonde de sa bibliothèque.

      

    Voilà donc un homme sympathique et intéressant, très proche des siens, cultivé. Tel apparaît Louis XVI dès que l'on commence à le connaître. En 1780, le marquis de Castries, nouveau militaire de la Marine, assistant pour la première fois au Conseil du roi, éprouve cette même impression favorable. "Il est sans passion, dit-il, désirant le bien, consentant facilement aux privations, bon homme enfin" (Jean de Viguerie, Historia, Thématique, Louis XVI, n°99 janvier-Févrer 1999, p. 17-18).

    "Sa bibliothèque dépasse les 15 000 volumes qu'il a choisis lui-même. Ses préférences vont aux livres d'histoire et de sciences. Il parcourt les journaux anglais et la presse parisienne. Quand il ne lit pas, il étudie les cartes du monde en prenant des notes. C'est en toute connaissance de cause qu'il a complété de sa main la grande Instruction remise à La Pérouse avant son appareillage.

    UN ROI PROCHE DE SON PEUPLE

    "Un jour, Louis XVI (le ménage royal habite alors La Muette) se rend au bois de Boulogne et y rencontre son épouse sortie de son côté pour une promenade à cheval. Ils s'embrassent. Le public les acclame. Le duc de Croÿ nous raconte la scène:

      

    "Une fois, la reine, jolie comme le jour et remplie de grâces, alla au bois sur un cheval qu'elle menait supérieurement, et rencontra le roi, qui se promenait au milieu de son peuple après avoir renvoyé ses gardes [ce qui change du président de la République aujourd'hui...], ce qui avait beaucoup plu au public. Elle se jeta au bas de sa monture, il courut à elle et l'embrassa sur le front. Le peuple applaudit, sur quoi Louis XVI appliqua deux bons baisers sur les joues de Marie-Antoinette".

    "Le peuple applaudit... En agissant avec cette simplicité, bonhomme, Louis XVI, à n'en pas douter, correspond aux voeux de l'opinion. Il s'efforce d'ailleurs en maintes ciconstances de retrouver le public dont Louis XV s'était éloigné" (Jean de Viguerie, Historia, Thématique, Louis XVI, n°99 janvier-Févrer 1999, p. 17).

    Il séjourne à Versailles beaucoup plus souvent que son prédécesseur

    Louis XV passait soixante nuits en moyenne par an à Versaille, Louis XVI deux cent soixante. Et c'est une bonne chose car Versailles est la vitrine de la royauté. Tout le monde peut se promener à sa guise dans le parc. Les Parisiens y viennent le dimanche pour tentet d'apercevoir le roi et la famille royale" (Jean de Viguerie, Historia, Thématique, Louis XVI, n°99 janvier-Févrer 1999, p. 17).

    Alors que Louis XV, "sans cesse en déplacements, ne passait pas deux mois entiers à Versailles, Louis XVI y réside les trois quarts de l'année, réduit les voyages de la Cour à Fontainebleau et à Compiègne. Il ne se croit pas obligé de modifier les agencements extérieurs. Il ajoute simplement cinc pièces assez modestes à son appartement donnant sur la cour de Marbre et se dote d'une bibliothèque." (Georges Bordenove, Historia, Thématique, Louis XVI, n°99 janvier-Févrer 1999, p. 22).

    MAIS UN ROI A QUI L'ON A TOUT APPRIS SAUF L'ART DE GOUVERNER

    "Il souhaite une amélioration du régime et même une transformation de la monarchie. Ces idées lui viennent à la fois de ses maîtres (surtout de La Vauguyon, son gouverneur, et de Jacob Nicolas Moreau, son professeur d'histoire), de son arrière grand-père, le roi Stanislas surnommé "le roi bienfaisant", et l'un de ses ministres qui est aussi son ami, et sera son défenseur, Malesherbes.

      

    Ce sont des idées modernes, des idées qui n'avaient jamais été enseignées ni à Louis XIV ni à Louis XV, et qui sont tout à fait étrangère à la conception traditionnelle de la monarchie française. C'est un curieux mélange des auteurs de la fin du XVIIe siècle, en particulier Fénelon que ses maîtres lui ont fait lire dans sa jeunesse, et des théoriciens des Lumières qu'il a lus de sa propre initiative, une fois son éducation achevée.

    "L'ensemble forme un système parlementaire, égalitaire et moraliste. Parlementaire: discilple de Fénelon, Louis XVI juge nécessaire une représentation nationale; il ne répugne pas à la convocation des états généraux, à leur éventuelle permanence, et même à leur participation, sous la forme d'une "assemblée nationale" - c'est lui qui emploie le premier l'expression... -, au travail législatif. Egalitaire: Louis XVI ne pense pas être d'une autre essence que ses sujets. Quand il était un petit enfant, on lui faisait copier cet exemple d'écriture: "Vous êtes exactement égal par nature aux autres hommes".

      

    A Louis XIV enfant o ndictait: "L'hommage est dû aux rois; ils font ce qui leur plaît". Moraliste enfin: pour Louis XVI comme pour ses maîtres, la politique n'est pas soumise à la morale, elle s'identifie à elle. Autrement dit, un bon roi n'est qu'un bon roi. Le roi est un chef, mais seulement comme peut l'être un père de famille. Il vit dans la plus grande simplicité, ne se souciant que de la prospérité matérielle de ses peuples.

      

    Bel idéal assurément mais incomplet, l'autorité n'y trouvant guère sa place. Le roi oublie que pour gouverner, il faut d'abord commander. Il ne se départira jamais de cette conception philanthrophique du pouvoir. Il restera jusqu'au bout fidèle à cet idéal. Le 11 mars 1791, donnant ses instructions à l'abbé d'Avaux, précepteur du dauphin, il lui écrira ceci: "Le premier devoir d'un roi est de rendre son peuple heureux...

    "On a tout appris au futur roi, sauf l'art de gouverner. Il est bourré de doctrines, de principes, de formules, mais il ne sait pas comment faire. Le futur Louis XIII assistait au conseil, assis entre les jambes de son père. Mazarin avait initié Louis XIV à la pratique du gouvernement. le régent et Dubois en avaient fait autant pour Louis XV.

      

    Au futur Louis XVI, aucune formation de ce genre n'a jamais été donnée. Avant son accessio nau trône, il n'a pas assisté une seule fois au Conseil, il n'a pas reçu le moindre apprentissage de la décision" (Jean de Viguerie, Historia, Thématique, Louis XVI, n°99 janvier-Févrer 1999, p. 18-19).

    Il travaille beaucoup mais a besoin de s'entretenir en privé des conseils de ses ministres

    "Imitant son grand-père (Louis XV), il s'astreint à présider les quatre conseils dont il dispose (le Conseil d'Etat, le Conseil des dépêches, le Conseil des Finances et le Conseil du Commerce). Pendant les réunions, il écoute plus qu'il ne parle et réserve presque toujours sa décision. [...] Il lui faut s'entretenir en privé avec ses minsitres, voire réunir plusieurs d'entre eux en petit comité, ensuite prendre l'avis des mentors qu'il s'est donnés: le vieux Maurepas, puis Vergennes. De surcroît, il échange de nombreux billets avec eux" (Georges Bordenove, Historia, Thématique, Louis XVI, n°99 janvier-Févrer 1999, p. 23).

     

    sources : wikipedia

     

     

     

     

     

     

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