• Madame Marie Thérèse de LAMBALLE

     

    C'est très difficile de distinguer son vrai visage sur les différents portraits qui existent de la princesse. Je me fie le plus aux portraits de Danloux de 1791-1792 et au portrait attribué à Callet, où l'on voit la princesse jeune.

    Il existe aussi un portrait du peintre Louis Edouard Rioult, une copie d'après un original apparemment, car Rioult est né en 1790, donc il n'a jamais vu la princesse de ses propres yeux.

     

    Mais vu la ressemblance à d'autres portraits (le nez un peu allongé, la petite bouche et les grands yeux), il doit y avoir un original, mais qui l'a peint ? Je n'en ai aucune idée...

    Voici le tableau en question :



     

      

    Marie Thérèse Louise de Savoie (en italien : « Maria-Teresa Luisa di Savoia »), plus connue sous le nom de « princesse de Lamballe », est née à Turin le 8 septembre 1749, le même jour et la même année que Yolande de Polastron, duchesse de Polignac, et morte lynchée à Paris le 3 septembre 1792.

    Elle est issue d’une branche cadette de la famille royale de Piémont et devient membre d’une branche légitimée de la famille royale de France par son mariage en 1767 avec le fils du duc de Penthièvre (lui-même fils du comte de Toulouse fils légitimé de Louis XIV et de Madame de Montespan).

    La princesse naît le 8 septembre 1749 à Turin.

      

    Elle est la fille de Louis-Victor de Savoie-Carignan (1721-1778), en italien « Luigi-Vittorio di Savoia-Carignano, principe di Carignano », et de Christine-Henriette de Hesse-Rheinfels-Rothenbourg (1717-1778), en allemand « Christine, Landgräfin von Hessen-Rheinfels-Rotenburg », sœur des défuntes duchesse de Bourbon et reine Polyxène de Piémont-Sardaigne, défunte épouse du roi Charles Emmanuel III .

     

     

     

     

      

    Elle est tante à la septième génération de l'actuel chef de la Maison Royale d'Italie, Victor-Emmanuel de Savoie et à la huitième génération de son fils Emmanuel-Philibert de Savoie[1], époux de l'actrice Clotilde Courau qui en est elle-même une cousine éloignée.

     Je l'inaugure par ce portrait/croquis de la princesse de Lamballe de la main de Danloux, fait en 1791 ou 1792. 

    Je trouve qu'on y discerne bien le caractère affable de la princesse ; on y voit de l'insouciance, une esquisse d'un sourire gracieux, beaucoup de bonté ; j'y vois aussi une femme mature, contrairement au portrait de Callet de 1776 où je vois plutôt une femme fragile qui n'est pas à l'aise (pas étonnant avec cette coiffure rocambolesque qui appesantit sa petite tête fragile)


    La princesse grandit à Turin et y mène une existence maussade et stricte, mais éloignée des complots et des intrigues de la cour. Elle passe pour une enfant douce, sage et pieuse, traits de caractère qui vont pousser le duc de Penthièvre à la choisir comme épouse pour son fils Louis Alexandre de Bourbon (1747-1768), prince de Lamballe.

      

    Le prince est un dévergondé et son père pense l’assagir en lui donnant une épouse vertueuse.

     

     

    La princesse de Lamballe pendant la Révolution ; pastel attribué à Danloux

      

    À Versailles : 

     

    Elle épouse le prince de Lamballe, arrière-petit-fils de Louis XIV (branche légitimée), fils d’un des hommes les plus riches d’Europe, le 17 janvier 1767 par procuration à Turin ; puis, le 31 janvier suivant à Nangis.

     

    Le couple ne va pas connaître le bonheur. Très vite, le prince reprend ses habitudes et délaisse son épouse qui se réfugie auprès de son beau-père. Elle commence à développer ses accès de mélancolie et ses vapeurs qui la plongent dans des évanouissements plus ou moins longs.

    En 1768, son époux décède d’une maladie vénérienne.

     

     

     REVOLUTION 1789

    Le médecin chirurgien Seyffert, médecin de la cour et futur médecin personnel du prince François-Xavier de Saxe au Château de Chaumot, la sauvera d'une grave maladie, ce qui lui vaudra une protection de Marie-Antoinette et une très grande réputation, on viendra même de Paris à Chaumot pour se faire guérir par lui.

      

     

      

    La princesse se retrouve veuve et sans enfant à 19 ans. Son beau-père la garde auprès de lui et, ensemble, ils sont très actifs dans diverses œuvres pieuses et charitables. L’année suivante, le duc de Chartres, futur duc d’Orléans, prince du sang, épouse la belle-sœur de Marie-Thérèse : Mademoiselle de Penthièvre est certes issue d’une branche illégitime de la Maison de France, mais elle est aussi, depuis la mort de son frère, la plus riche héritière du royaume.

     

     

    En 1769 également, après la période de deuil qui a suivi la mort de la reine, le parti des dévots, soutenu par Mesdames, les filles du roi, n’ayant pu remarier Louis XV à l’archiduchesse d’Autriche Marie-Elisabeth, pense à Marie-Thérèse. Ironie du sort, comme cela fut pour son défunt mari, il est encore une fois question pour Marie-Thérèse de convoler avec un homme esclave de ses sens. Le projet fait long feu : la comtesse du Barry, nouvelle maîtresse avant d’être officiellement la nouvelle favorite, ne voulant pas perdre ce prestigieux amant qu’elle tient, justement, par le plaisir des sens.

     

    En 1770, le dauphin Louis-Auguste, futur Louis XVI, épouse l’archiduchesse d’Autriche Marie-Antoinette. C’est la première rencontre entre les deux femmes. Marie-Thérèse a vingt-et-un ans, Marie-Antoinette bientôt quinze.

     
     

    À partir de 1771, la princesse de Lamballe fréquente de plus en plus assidûment la cour et se rapproche de la dauphine, qui voit en elle une alliée sûre et une amie sincère. Devenue reine en 1774, Marie-Antoinette continue à fréquenter la princesse, mais de fausses et venimeuses rumeurs lancées à dessein pour nuire, attisées par les ennemis de la reine, commencent déjà à entacher leur amitié. Toutefois, la princesse conserve son caractère pieux et raisonnable, alors que la reine se laisse aller à ses penchants de plus en plus frivoles.

     

    Louis XV étant mort le 10 mai 1774, Marie-Antoinette devient par là-même reine de France. En 1775, la reine offre à son « cher cœur », le titre très lucratif de « surintendante de la Maison de la reine », dont la charge consiste à organiser les plaisirs de la reine. Mais très vite, celle-ci se rend compte que son amie (et cousine) est trop sérieuse pour l’emploi, n’a pas l’étoffe de la fonction et s’ennuie. Elle se tourne alors vers « la plus fraîche et plus insolente » Yolande de Polignac.

    Si la reine délaisse la princesse, elle ne l’oublie pas pour autant, mais il semble clair que, pour longtemps, Yolande de Polignac prend la place de l’amie dévouée. Pour occuper son temps, la princesse part à la campagne, reprend ses activités charitables et rachète l'hôtel de Toulouse (actuelle Banque de France à Paris) à son beau-père.

     

    Elle entre dans la franc-maçonnerie en devenant membre de la loge féminine « la Candeur » le 12 février 1777. Elle s'intéresse au mouvement des Lumières, à l'Encyclopédie, à la condition des femmes et à l'amitié féminine. Elle organise notamment un dîner suivi d'un bal auquel ne sont conviées que des femmes, ce qui choque la cour et irrite la reine.

    Le 10 janvier 1781, elle est élue Grande Maîtresse de la « Mère Loge Écossaise ».

     

     Ici on voit la princesse de Lamballe peinte par Élisabeth Vigée Lebrun, en gaule, portrait qui date de 1782 ; à l'instar de la princesse, plusieurs autres dames de la Cour se firent peindre en gaule à la même époque : Marie Antoinette, Yolande de Polignac, et puis aussi Mme du Barry.

     

    La Révolution :

     

     

    La Princesse de Lamballe en 1781, pastel par Élisabeth Vigée Le Brun.

    En 1789, la Révolution gronde et la reine commence à prendre conscience de ses erreurs. Elle se fait plus sage et se rapproche à nouveau de la princesse. Rapprochement d’autant plus aisé qu’elle a demandé à Mme de Polignac de quitter Versailles et de partir pour l’étranger après la prise de la Bastille.

     

    En octobre 1789, la famille royale est ramenée à Paris et la princesse la suit dans sa nouvelle résidence, le palais des Tuileries.

     

     

    La princesse reste l’un des derniers soutiens de la reine et leur amitié s’en trouve renforcée. En 1791, la reine l’informe de sa fuite et l’enjoint de quitter la France. La famille royale est rattrapée à Varennes, mais la princesse avait envisagé son départ par Dieppe et Londres, munie d’un passeport en règle.

      

    Les deux femmes échangent alors une abondante (?) correspondance dans laquelle la reine avait réaffirmé ses sentiments d’affection envers la princesse: « j’ai besoin de votre tendre amitié et la mienne est à vous depuis que je vous ai vue », lui écrivait-elle en juin 1791.

     

    À la fin de l’été 1791, la princesse de Lamballe fut chargée par Marie-Antoinette d’une mission – dont on ignore les motifs – à Aix-la-Chapelle, où elle se rendit en effet. Mue par un pressentiment, elle y dicta ses dernières volontés, le 15 octobre 1791, nommant le marquis de Clermont-Gallerande son exécuteur testamentaire. Fin 1791, la reine suppliait la princesse de ne pas revenir à Paris, mais cette dernière, craignant pour la sécurité de ses biens menacés par les lois en préparation sur les biens d’émigrés, et aussi par dévouement, rentra à Paris, reprenant ses fonctions de surintendante aux Tuileries.

     

    Chose ignorée de la totalité de ses biographes, la princesse de Lamballe émargeait sur les fonds secrets du ministère des Affaires étrangères, et il est peu douteux qu’en diverses circonstances, elle se fût chargée de porter des dépêches pour le compte des souverains. Son passeport d’avril 1791 avait été délivré par le ministre Montmorin, et on a dit que la princesse avait été chargée de rencontrer William Pitt, qui lui avait opposé une fin de non-recevoir.

    Quoi qu’il en soit, elle n’est évidemment pas demeurée passive pendant les mois précédant sa mort. La presse révolutionnaire relaya bientôt une dénonciation lancée contre elle par le comité de surveillance de l’Assemblée législative.

    On lui reprochait d’avoir coordonné ou encouragé les activités du « Comité autrichien », nom de la cellule secrète principalement dirigée par Antoine Omer Talon, Maximilien Radix de Sainte-Foix et Charles-Louis Huguet de Sémonville (conseillers occultes de Louis XVI), et financée par les fonds de la Liste civile. Il semble qu’elle y représentait la reine, qui ne pouvait se permettre d’y paraitre directement.

    Ce comité, qui disposait aussi d’un financement privé, avait permis de peser dans les délibérations des comités révolutionnaires, de se rallier certains gens de plume et de faire retarder le v

    ote du décret de déchéance.

    Ce qu’on appelait encore les « conciliabules de la Cour » fut avéré par de nombreuses pièces originales découvertes dans l’armoire de fer - le coffre fort personnel de Louis XVI. Elles mettaient en cause un certain nombre d’individus - souvent des révolutionnaires bon teint - qui avaient effectivement reçu de l’argent de la Cour et qui se sentirent soudain menacés par des témoins, tels que l’Intendant de la Liste civile Arnault de Laporte ou la princesse de Lamballe.

     

    Le massacre : 

    Le 10 août 1792, la foule envahit le palais et la princesse suit la famille royale qui se réfugia à l’Assemblée législative. C’est alors qu’est prononcée la déchéance du roi et décidée son incarcération au Temple. La princesse fait partie du convoi, mais dix jours plus tard, on vient chercher tous ceux qui n’appartiennent pas à la famille royale stricto sensu. Les deux amies doivent se dire adieu. La princesse fut conduite à la prison de la Force.

     

    Les 2 et 3 septembre 1792, une foule armée de barres de fer, de piques et de bûches encercla les prisons de Paris. La princesse, tirée de sa cellule au matin du 3, fut, d’après la reconstitution des procès-verbaux de la section des Quinze-Vingts[4], introduite devant une commission improvisée en hâte par les membres du comité de surveillance de la Commune du 10 août, et sommée de « nommer ceux qu’e

    lle avait reçu à sa table ».

    On lui demanda surtout de témoigner sur la réalité de connivences de Louis XVI et Marie-Antoinette avec les puissances de la Coalition. Elle s’y refusa et c’est pour cette raison qu’on l’aurait mise à mort. Il est possible qu’on ait voulu éviter un procès équitable au cours duquel elle aurait pu mettre en cause un certain nombre de pêcheurs en eaux troubles soudoyés par la cour, comme par exemple Dossonville, Stanislas Marie Maillard ou le général Antoine Joseph Santerre, partie prenante dans les massacres de septembre avec son beau-frère Étienne-Jean Panis.

     

    Dans les minutes qui suivirent ce semblant d’interrogatoire, elle fut « élargie ». Talleyrand, qui était encore à Paris à ce moment et qui devait embarquer pour Londres le surlendemain du crime, a indiqué à lord Grenville, secrétaire du Foreign Office, que Madame de Lamballe avait été tuée à la suite d’une atroce méprise. En sortant dans la cour de la prison, elle aurait eu, selon lui, un malaise, et les tueurs aux aguets, armés de bûches et de piques, croyant qu’elle avait reçu un premier coup, l’avaient frappé à leur tour.

    Cette version fut prise suffisamment au sérieux pour faire l’objet, le 24 septembre 1792, d’un mémorandum du ministère anglais[5].

    Princesse de Lamballe - Joseph-Siffred Duplessis 

    Post-mortem :

     

    Tandis que sa tête était promenée au bout d’une pique jusqu’à la tour du Temple, Adam Pitt raconte que son corps fut transporté sur des kilomètres, profané, jusqu’au comité civil de la section des Quinze-Vingts. Enfin, la tête fut portée à son tour au comité, à sept heures du soir, après avoir été repoudrée, afin d’être « inhumée auprès du corps » dans une tombe du cimetière des Enfants-Trouvés.

    Quelques heures plus tard, le duc de Penthièvre dépêcha son fidèle valet Fortaire de retrouver sa dépouille, en vain.

     

    Sa mort donna lieu à une profusion de témoignages, très largement diffusés à l’époque et jusqu’à aujourd’hui, tant parmi les révolutionnaires que dans les milieux royalistes et contre-révolutionnaires, qui sont souvent sujets à caution, traduisant moins la réalité des faits qu’une vision fantasmatique. Ces textes, qui décrivent avec force détails macabres, la mise à mort, la mutilation, le dépeçage, la fragmentation et l’exposition du corps abandonné dans un chantier de construction, vers le Châtelet, jusqu’au petit matin, « expriment les craintes et les luttes qui animent alors les différents protagonistes de la Révolution ».

     

    Côté révolutionnaire, on a présenté les « cadavres réparateurs » des victimes des massacres de Septembre, laissés sur le pavé, comme une réponse au complot fomenté dans les prisons et à la menace extérieure.

      

    Pour Antoine de Baecque, la description morbide de la mise à mort et des outrages visait à « exprimer l’anéantissement du complot aristocratique ». De même, il considère qu’ils servaient à « punir la femme de cour, ainsi que le supposé complot féminin et lesbien – menaçant la prééminence masculine – de « la Sapho de Trianon », vilipendée par les chroniqueurs et les gazetiers sous l’Ancien Régime .

     

    Les royalistes ont repris à leur compte ces récits, « en retournant leur sens pour montrer la régression du révolutionnaire à l’état de barbare et la monstruosité de la Révolution, opposée à la délicatesse du corps de la victime ».

     

    Parmi ces récits, on peut noter La Famille royale préservée au Temple. Extrait du récit de ce qui s’est passé au Temple dans les journées des 2 et 3 septembre 1792, dont le manuscrit a été cité par Georges Bertin en 1888

    le récit des événements dans la Révolution de Paris, qui présente la princesse de Lamballe comme une comploteuse, La Vérité tout entière sur les vrais acteurs de la journée du 3 septembre 1792, le Bulletin du comte de Fersen au prince régent de Suède sur ce qui s’est passé en France ou Idée des horreurs commises à Paris dans les journées à jamais exécrables des 10 août, 2, 3, 4 et 5 septembre 1792 ou Nouveau Martyrologe de la Révolution française.

     

    Après les événements, plusieurs auteurs ont repris ces descriptions des événements dans leurs ouvrages, qu’il s’agisse de l’abbé Barruel], Antoine Serieys, Mme de Créquy ou Mme Guénard. Plus récemment, des biographes comme Stefan Zweig ont repris ces descriptions dans leur récit des derniers instants de la princesse de Lamballe[17].

     

    Que reste t-il de la Princesse de Lamballe, amie de Marie-Antoinette ?

    Je sais qu'elle était malade, qu'elle fut brutalement violée par plusieurs de ses agresseurs et décapitée au couteau. On lui arrachera son coeur, son corps démembré et sa tête portée au bout d'une pique dans les rue de Paris.

    Tel est le sort particulièrement cruel qui a été reservé à cette femme de quarante trois ans et qui était, de l'avis de son entourage, la bonté même.

     

    la révolution n'a pas été tendre avec les femmes, c'est même une républicaine pur sucre qui le dit, Madame Rolland, je crois, que les femmes n'ont pas le droit de voter, mais elles ont celui de monter à l'échafaud.

    Jamais pareille misogynie n'avait autant fait fureur, depuis au moins le XV° siècle, il n'y a qu'à voir les pamphlets orduriers dont on accablait les femmes en vue, que ce soit les nobles dames ou les républicaines qui osaient s'exprimer en public.

    C'est à rougir de honte pour leurs auteurs.

     

     

    sources :

    http://fr.wikipedia.org/wiki/Madame_de_Lamballe

      

      

     

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