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    Il y a 220 ans, le 16 octobre 1793, la reine de France montait sur l'échafaud.

    Elle aurait pu connaître un destin bien plus heureux.

     

    Par

    Le Point

    Été 1792, la vie des souverains français est plus que jamais menacée. Depuis la folle équipée de Varennes, où ils ont vainement tenté de rejoindre des troupes fidèles aux frontières de l'est, le divorce est consommé avec la nation.

      

    On les tient désormais pour inutiles. Le droit de veto du roi irrite au plus haut point les révolutionnaires et précipite le régime vers la République. Claquemurés aux Tuileries, Louis XVI et Marie-Antoinette craignent désormais pour leur personne.

     

    Le 20 juin, une foule d'émeutiers envahit le palais et défile devant la famille royale apeurée en brandissant un coeur de boeuf sanguinolent, censé représenter celui de Louis XVI, et une poupée attachée à une lanterne...

    Le roi et le dauphin portent le bonnet rouge, la reine fait face aux quolibets : on vient voir de près "la femelle du royal veto", cette femme "laide, ridée, fanée, hideuse".

      

    Aux yeux du peuple des faubourgs, la monarchie n'incarne déjà plus rien. La panique gagne les souverains, mais vers qui se tourner ? Une fuite semble impossible, à moins d'avoir de solides alliés dans la place.

     

    Rejoindre Dieppe puis l'Angleterre

    Justement, la proposition viendra de La Fayette lui-même, fervent défenseur d'une monarchie constitutionnelle. Le général estime que la Révolution, entraînée par la faction jacobine, va désormais trop loin. Il échafaude un plan simple mais efficace : le roi préside la prochaine cérémonie du 14 Juillet, comme prévu, avant de fuir Paris avec sa famille, protégé par des cavaliers fidèles et des Suisses, pour rejoindre le palais de Compiègne, loin de la capitale, de la populace et de ses excès...

      

    Si Louis XVI hésite, Marie-Antoinette refuse : pas question de faire confiance à ce La Fayette, qu'elle exècre. Plutôt attendre les troupes prussiennes afin de rétablir l'Ancien Régime. D'ailleurs, la reine a reçu des nouvelles encourageantes de l'étranger : elle continue à correspondre au fidèle comte de Fersen, son ancien ami suédois - et peut-être amant -, qui lui garantit que des troupes étrangères se préparent à marcher sur Paris pour balayer la Révolution. On attendra donc. Première occasion manquée.

    Un mois plus tard, la crise s'est aggravée : après la prise des Tuileries, la famille royale quitte le palais en catastrophe pour être enfermée au Temple, tandis que la République est proclamée dans la foulée. À quoi peut bien servir un roi dans ce nouveau régime sans couronne ? On poursuit Louis Capet pour crimes contre la Révolution après avoir découvert sa correspondance secrète, avant de le condamner à mort en janvier 1793. Il reste dix mois à vivre à Marie-Antoinette... Et pourtant, en janvier, une seconde possibilité d'échapper à ses bourreaux s'offre à elle.

    Deux officiers municipaux, Toulan et Lepitre, attendris ou corrompus par des agents royalistes, mettent au point un projet d'évasion : ils connaissent par coeur les issues et les habitudes du Temple, et proposent de faire sortir la reine et sa belle-soeur Élisabeth, habillées en gardes nationaux, pendant que ses enfants prendront les habits des allumeurs de lanterne. Puis direction Dieppe et l'Angleterre.

      

    On traîne, on hésite, si bien que la sécurité du Temple est revue et le personnel changé. Impossible de tous partir, on presse alors la reine de s'enfuir seule, mais elle refuse d'abandonner ses enfants. "Nous avons fait un joli rêve, voilà tout", écrit-elle au chevalier de Jarjayes, son contact à l'extérieur du Temple.

    Échecs

    Troisième et dernière tentative, plus aléatoire celle-là, celle d'un certain Alexandre de Rougeville, qui entre en contact fin août avec la reine par l'entremise de son geôlier, grassement payé pour servir d'intermédiaire. Ce chevalier est bien décidé à sauver la souveraine des griffes des Jacobins. Il est plus que temps : la Convention a décidé de traduire "l'Autrichienne" devant le tribunal révolutionnaire. Affaiblie physiquement par des pertes de sang continues, minée moralement par sa séparation d'avec ses enfants, la reine n'est plus que l'ombre d'elle-même : âgée de 37 ans, elle en paraît quinze de plus. Marie-Antoinette a été transférée à la Conciergerie.

      

    C'est là qu'Alexandre de Rougeville, un ancien chevalier de l'ordre de Saint-Louis, parvient à l'approcher en laissant tomber au sol un oeillet qui contient un message lui assurant l'imminence d'une évasion. Il est prévu d'acheter des gardiens avec des louis d'or et plusieurs milliers de livres d'assignats, de quitter la Conciergerie début septembre et de rejoindre l'étranger.

      

    La reine ramasse l'oeillet, prend connaissance du complot et entreprend de répondre à Rougeville en piquant le billet à l'aide d'une épingle - le crayon lui est interdit.

    Qu'a-t-elle vraiment compris ? Le projet était-il vraiment fiable ? Quoi qu'il en soit, l'un des gardiens craque au dernier moment, le message est intercepté et le "complot des oeillets" échoue à son tour.

      

    Il est désormais trop tard, le sort de Marie-Antoinette est déjà scellé : pas question pour Robespierre d'échanger ou de vendre la liberté de la "veuve Capet", d'autant que son fils - le fameux Louis XVII - est également otage. Ce dernier complot précipite sa chute : plus rien ne peut sauver la reine.

     

     http://www.lepoint.fr/histoire/marie-antoinette-aurait-pu-sauver-sa-tete-trois-fois-16-10-2013-1744469_1615.php

     

     

     

     

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    La dernière reine de France fût aussi la plus critiquée

    Du trottoir parisien aux couloirs de Versailles, tous ont détesté celles qui, dès son arrivée en France, fût surnommée l'Autrichienne.

    Comme beaucoup de mariages royaux, celui de Louis Auguste, dauphin de France et de Marie-Antoinette, archiduchesse d'Autriche, est un mariage d'Etat, visant à réconcilier deux grandes maisons d'Europe, ici les Habsbourgs et les Bourbons. Il n'y a pas d'amour dans ce mariage et la future dauphine ne recevra justement aucun amour dans ce pays étranger qui, pourtant, pouvait lui donner de grands espoirs.

    Un jour... une histoire... 16 mai 1770

     

    L'arrivée de l'archiduchesse en France

    Lorsque Marie-Antoinette arrive en France, elle doit abandonner tous ses biens autrichiens. Elle va jusqu'à renoncer à ses gens et à son petit chien, Mops. A même pas quinze ans, il est normal que l'adolescente se raccroche à sa nouvelle famille et à ce roi , Louis XV, qu'elle juge noble et bon et quel nomme affectueusement son royal grand-père.

    Mais elle se rend vite compte que le roi est débauché et sa relation avec la comtesse du Barry la dégoûte. Elle se rapproche de « Mesdames Tantes », les soeurs du roi qui, comme elle, ne peuvent supporter la du Barry. Elles manipulent cependant la jeune autrichienne. Madame du Barry ne l'épargne pas non plus, voyant dans cette future reine de France une rivale qui, de plus, refuse de lui adresser la parole. Louis XV doit contraindre la dauphine de parler à la favorite. Marie-Antoinette s'exécute mais elle restera profondément humilier de s'être abaissée devant une roturière sans scrupule.


    Fichier:Marie Antoinette Young3.jpg

    Surveillée par sa mère, la reine Marie-Thérèse, qui entretient une grande correspondance avec le comte Mercy-Argenteau, ambassadeur d'Autriche en France, manipulée par la cour la plus cruelle d'Europe, qui utilise contre elle son amour pour son pays et sa famille, Marie-Antoinette est propulsée dauphine sans être préparée, ni armée.

     

     

    Une dauphine adulée par le peuple et critiquée à la cour

    Marie-Antoinette est une dauphine mal entourée. Elle entretient peu de relation avec son époux qui lui est très mal assorti. Ses compagnes, les bonnes dames de la société, l'ennuient. Elle ne fait pas de vague, reste aimable et discrète. Elle est jolie et gracieuse. Pourtant, personne ne l'apprécie à la cour. Trop jeune, elle ne possède pas encore la gorge très en vogue en France. On juge aussi son front trop haut. Derrière ce jugement esthétique se cache en réalité une attaque directe à ses origines : Marie-Antoinette possède le front des Habsbourgs...

     

     

    Dès son arrivée en France, le jour même de son mariage, on murmure déjà contre elle. Favorisant les princesses de Lorraine de par leur lien de parenté, elle leur permet de danser avant les duchesses. La cour murmure alors contre celle que l'on surnomme déjà l'Autrichienne.

    Le peuple apprécie, lui, cette jouvencelle, promesse d'un avenir heureux. Taxé par le roi vieillissant, il voit en elle le salut.

    Une reine de plus en plus contestée

    A la mort de Louis XV, Marie-Antoinette devient reine de France et de Navarre. Une liberté nouvelle s'offre à elle. Elle se détache de plus en plus des contraintes de la cour, allant jusqu'à se faire offrir le château du petit Trianon où elle va séjourner de plus en plus souvent fuyant la cour.

    La rupture est alors certaine entre la reine qui s'entoure de jeunes gens et la noblesse vieillissante. Il est inconcevable que la reine préfère des petites noblesses et se désintéresse complètement des plus grands. Pourtant, peut-on lui en vouloir d'avoir écouté son coeur et cherché à s'étourdir avec sa coterie pour oublier les manipulations et les soucis alors qu'elle n'a que vingt ans?

     

    Ses séjours à Trianon ne dérangent plus que la Cour. Le peuple commence à gronder. L'avènement de Louis XVI n'a pas apporté le salut tant attendu et on commence à en vouloir à cette reine frivole qui dépense des fortunes pour ses toilettes. C'est pourtant bien peu de chose si l'on regarde les dépenses globales de l'Etat.

    La reine est la cible de tous. Peut-être qu'une maîtresse royale aurait détournée l'attention. Mais Louis n'a pas de favorite, la chose l'intéresse peu. Il n'a d'ailleurs pas encore mis la reine enceinte mais c'est à elle qu'on en veut. On lui reproche de sortir toute la nuit à Paris, à l'Opéra, de s'éloigner du roi et bientôt on la soupçonne de le tromper. Le peuple gronde et la cour se gausse.

     

    De reine honnie à reine de tragédie

    Face à la haine de plus en plus féroce qu'on lui porte, la reine s'exile à Trianon, son petit paradis, son hameau irréaliste. De ce lieu de replis, le peuple fait un lieu de débauche. Les pamphlets et autres caricatures inondent les pavés parisiens. On n'hésite plus à critiquer la reine publiquement, à la traîner dans la boue comme une catin. Il n'y a plus de respect pour la reine.

    L'affaire du Collier finit de la perdre. Même si elle est innocente, elle est jugée coupable par le peuple et par une partie de la noblesse. Lorsque le peuple marche sur Versailles et envahit le château, c'est pour tuer la reine. C'est elle qui a poussé le roi à fuir à Varenne, c'est elle encore qu'on accuse d'inceste lors de son procès parce qu'au fond, qu'a-t-on à lui reprocher?

     

     

    Aucun coup ne fût épargné à Marie-Antoinette. Elle fût la reine d'une tragédie trop grande pour elle, une femme moderne ayant vécu à l'époque sombre de la Révolution. Pourtant, debout sur la charrette qui l'emmène à l'échafaud, c'est en reine qu'elle traverse la foule, une foule qui demeure sans voix sur son passage, qui fait même preuve de respect. A l'orée de sa mort, Marie-Antoinette devient la reine martyre adulée depuis par des générations.



     

     

     

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