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    Porcelaines de Sèvres, un art de vivre au XVIIIe siècle

     

     Avec cette exposition du Département des objets d’art consacrée à la porcelaine de Sèvres nous pouvons goûter l’art de vivre « à la française » du XVIIIe siècle.

    C’est en 1740 qu’une manufacture de porcelaine est crée au château de Vincennes grâce à l’appui de Louis XV. En 1756 elle déménage à Sèvres dans un bâtiment construit à l'initiative de Madame de Pompadour, à proximité de son château de Bellevue où elle existe encore aujourd’hui.

    L’exposition nous permet d’admirer quelques unes des plus belles pièces dont certaines figuraient sur la table royale.

    Cette écuelle ronde « nouvelle forme » et son plateau « à feuilles de roseaux » servaient à boire le bouillon du matin.

     

    ecuelle et plateau

     

     

    Ce gobelet « Bouillard » et sa soucoupe rappellent que, dès le début de la manufacture, l’usage fut de donner le nom d’un artiste, d’un mécène ou d’un actionnaire à certaines pièces. Ici il s’agit d’Antoine Auguste Bouillard un fermier général qui contribua à la naissance de la manufacture. Ils sont accompagnés d’un gobelet « litron » qui correspond à une ancienne mesure de liquide, le décor en bleu intitulé « la pêche » s’inspire d’une composition de François Boucher.

     

    gobelet bouillard

     

     

    Un dispositif multimédia nous fait découvrir comment ces pièces de porcelaine étaient fabriquées et fait revivre le souper offert par Louis XV le 21 avril 1757 dans son château de Choisy. A la différence de son arrière grand-père Louis XIV, Louis XV préfère les soupers intimes où les domestiques sont exclus de façon à ce que les convives puissent jouir ensemble, tranquillement, des mets délicats servis dans la porcelaine la plus fine et une somptueuse argenterie.

     

    Nous découvrons également le service dit « à la française » mis en place sous Henri III et codifié au XVIIe. Son principe consistait à disposer sur la table une succession de plats appelés services à l'attention des invités qui se servaient eux-mêmes. Les services dont le nombre variait de 3 à 8 exigeaient beaucoup de vaisselle. Entre chaque service la table était débarrassée des plats qui l'encombraient. Un petit souper luxueux était dressé avec au centre une large soupière, aux quatre coins de la table on trouvait quatre plats de taille moyenne remplis chacun d’un met différent. Les assiettes des convives étaient placées tout autour de la table.

    Depuis le milieu du XIXe siècle nous utilisons le service dit « à la russe », plus simple, où les plats sont apportés successivement (entrée, plats, dessert…).

     

     

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    Vase en forme d'œuf représentant Louis-Philippe Ier (Louvre, 1837)

     

    sources pour cet article :

    http://louvre-passion.over-blog.com/article-porcelaines-de-sevres-un-art-de-vivre-au-xviiie-siecle-81607178.html

     

    Fichier:Vase vendange Louvre OA2484.jpg

     
    La Manufacture nationale de Sèvres est l'une des principales manufactures de porcelaine européennes. Elle est située à Sèvres, France.

     La manufacture fut successivement, au fil des régimes politiques, manufacture royale, impériale puis nationale. Toujours en activité, la manufacture poursuit l'édition d'objets créés depuis 1740. Sa production est aussi largement orientée aujourd'hui vers la création contemporaine. Elle est devenue en 2010 la Cité de la céramique, avec le Musée national de la céramique.

     

    En 1740, la Manufacture de Vincennes est fondée, grâce au soutien de Louis XV et de Madame de Pompadour, afin de concurrencer les productions de Chantilly et de Meissen. En 1756, la manufacture est transférée à Sèvres dans un bâtiment construit à l'initiative de Madame de Pompadour, à proximité de son château de Bellevue.

     

     

    Fichier:Table ecriture carlin 00 082006.JPG Table d'écriture (Musée Calouste-Gulbenkian)

       

    Long de 130 mètres et haut de quatre étages, il est édifié entre 1753 et 1756 par l'architecte Lindet à l'emplacement de la ferme dite « de la Guyarde ». De part et d'autre du pavillon central, surmonté, à l'étage des combles, d'un fronton sans sculpture portant l'horloge de l'ancienne Verrerie royale, le bâtiment se développe sur deux longues ailes terminées, aux deux extrémités, par des pavillons d'angle. Le pavillon central est précédé d'une cour dite du public, fermée par une grille en fer forgé. Face à la manufacture est aménagée une demi-lune pour permettre le stationnement des carrosses des visiteurs.

     

    Boîte en forme d'œuf
     
     
    Manufacture de Sèvres - Attribué à Jean-Joseph Coteau - Boîte en forme d'œuf - Porcelaine bleu-de-roi, rinceaux et perles en émail sur or - 1782-Manufacture de Sèvres - Attribué à Jean-Joseph Coteau - Boîte en forme d'œuf - Porcelaine bleu-de-roi, rinceaux et perles en émail sur or - 1782-17831783
     

    Au rez-de-chaussée, le bâtiment renfermait les réserves de terres, le bucher et les dépôts de matières premières. Le premier étage abritait les ateliers de moulage, de plâtrerie, de sculpture et de gravure ainsi que les fours. Au deuxième étage se trouvaient les sculpteurs, tourneurs, réparateurs et garnisseurs. Enfin, l'étage sous comble abritait les peintres, doreurs, animaliers et figuristes. La manufacture est rattachée à la Couronne en 1759.

     

     

    Autoportrait au jabot de dentelle - Maurice-Quentin de La Tour
    Maurice Quentin de La Tour (1704-1788) - Autoportrait au jabot de dentelle - Vers 1750

     

     

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    Vase Clodion, offert par Louis XVIII à son frère, Monsieur, futur Charles X (1817)

     

     

    La mise au point de la porcelaine dure.

     

    À l'origine, la manufacture produisait une porcelaine tendre. En 1768, deux chercheurs de la manufacture découvrent le premier gisement de kaolin sur le sol français, près de Limoges. Le 13 février 1771, le Comte de Thy de Milly de l'Académie royale des sciences de Paris, communique à l’académie royale des sciences un mémoire sur la composition de la porcelaine dure. Ce mémoire sera publié en 1777 dans l’encyclopédie au tome 7 nommé : Art de la porcelaine. Ces travaux sont issus de ses observations effectués dans les différentes manufactures établies en Allemagne notamment en Saxe. « Jusqu'à cette époque, on n’avait fait dans les manufactures de porcelaine établies en France, sans excepter celle de Sèvres, que des porcelaines vitreuses, qui n’avaient aucunes des qualités réelles…. ».

    Louis XVI et Marie Antoinette, Reine de France.

     

    La porcelaine dure est commercialisée à Sèvres dès 1770.

     

    De 1800 à 1847, la manufacture prend son essor et acquiert sa renommée internationale sous la direction d'Alexandre Brongniart, nommé par Claude Berthollet.

     

    En 1875, la manufacture est déplacée dans des bâtiments spécialement construits par l'État français, en bordure du parc de Saint-Cloud. C'est toujours dans ces lieux, classés Monument historique, que la production se poursuit.

    Fichier:Ngv, jacques-françois Micaud, zuppiera e vassorio, porcellana di sèvres.JPG

     

    Soupière par Jacques-François Micaud (1732/1735-1811), Galerie nationale de Victoria, Australie.

     

    Les femmes à la manufacture royale :

    À la Manufacture de Vincennes, en plein développement, en 1748, on crée une "fleurisserie" composée d'une vingtaine de jeunes filles sous la direction de Mme Gravant. Elle sera en activité jusqu'en 1753, date à laquelle l'on interdira les femmes au sein de la manufacture. Sèvres comptera, en 1756, deux cents employés de sexe masculin. 

    « […] les rares femmes qui continuèrent de travailler à Vincennes puis à Sèvres, après cela (la fleurisserie), le firent désormais chez elles, apportant et reprenant chaque jour, en dépit des risques de casse, les ouvrages délicats de peinture ou de brunissage »

     

     

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    Pierres à moudre

     

     

    Le kaolin provenait traditionnellement de Saint-Yrieix, près de Limoges. Actuellement, les sources se sont diversifiées. La couverte, destinée à être appliquée comme émaillage sur la pâte de kaolin après cuisson, est constituée principalement de pegmatite de Marcognac, mélange de feldspath et de quartz[3].

    Le bleu de Sèvres est une couleur caractéristique de la manufacture. Il s'agit d'un oxyde de cobalt qui est incorporé dans la couverte.

     

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    Four à céramique de Sèvres.
    Dictionnaire de chimie industriel (Barreswil, A. Girard) 1864

     

    Les fours du XIXe siècle :

    Le céramiste Ambroise Milet entre à la manufacture où il sera nommé successivement « Directeur des fours et des pâtes » et « Chef de fabrication » avant de quitter la manufacture en 1883 à 54 ans. L'une des plus grandes tâches qu'Ambroise Milet aura à mener sera la construction de six grands fours à bois en 1877. Ces fours sont aujourd'hui classés monuments historiques.

     

    • les fours se composent d'un corps cylindrique séparé en 3 niveaux, celui du bas dénommé premier laboratoire (diamètre 2,60 m hauteur 3 m), au milieu le second laboratoire (diamètre 2,60 m hauteur 2 m), et en haut le cône de cheminée (2 m). L'alandier est une ouverture dans le bas du premier laboratoire (hauteur 1 m largeur 0,58 m et profondeur 0,29 m)[4].
    • Dans la voute, entre le premier et le deuxième laboratoire, se trouve un grand carneau au centre et 9 petits sur le pourtour. Ces carneaux permettent de guider les flammes et d'évacuer les gaz brulés. Des grilles appelées garde-feux y sont disposés pour diviser la flamme.
    • Dans le bas du deuxième laboratoire de petits alandiers permettent d'augmenter encore la température. Le four possède quatre foyers pour bien répartir la chaleur.
    • Le bois utilisé pour chauffer les fours est exclusivement du bois de bouleau. Sa combustion forte et rapide est uniforme, sa flamme est longue et il dégage peu de cendres. Ce bois est le seul capable de porter le four aux températures recherchées (petit feu vers 800 °C, grand feu vers 1 300 °C). La cuisson se fait avec des buches de 73 cm de longueur.
    • Dans ce même four le biscuit peut être cuit en 15 à 16 heures, et le vernis ou glaçure en 11 à 12 heures.

     

    Fichier:Napoleon Chaudet Louvre OA10410.jpg

    Buste de Napoléon d'après Antoine-Denis Chaudet (Louvre, 1811)

     

     

    Une cuisson nécessite 25 stères de bois qui seront brulées en 48 heures avec une technique précise de montée en température. Le four met ensuite entre quinze et vingt jours pour refroidir. Le mur qui obstrue la porte est démantelé pour le défournement.

    Une centaine de pièces sont cuites en même temps, en fonction de leur taille et de leur encombrement.

    La cuisson dans ces fours donne des qualités d'émaux inégalables impossibles à obtenir avec d'autres techniques de chauffe. La très grande uniformité de la chaleur dans le four et le refroidissement extrêmement progressif explique ces qualités. Par ailleurs, ces fours sont les seuls capables de produire des pièces de taille exceptionnelle, dont Sèvres s'est fait une spécialité.

     

     

     

    La dernière grande cuisson au bois a eu lieu en octobre 2006. Près de 180 pièces ont été mises à l'Epreuve du Feu, nom de l'exposition qui a ensuite présenté ces pièces, dans la Galerie Parisienne de la manufacture, avant d'être dispersées. Près d'un an de travail de l'ensemble des ateliers a été nécessaire pour fabriquer et décorer les pièces. L'ouverture du four, comme sa mise à feu ont été retransmises en direct à la télévision. La prochaine cuisson au bois sera indiquée sur le site officiel de la manufacture.

    En dehors de ces cuissons exceptionnelles, la manufacture utilise des fours électriques pour toute sa production courante.

     

     

    Fichier:Paul Petrovitch Sèvres.jpg

    Plat en porcelaine dure de Sèvres, d'un cabaret de 8 pièces, décors polychrome et or au chiffre de Paul Petrovitch, 1773 - Musée national de céramique - Inv n° MNC 5273

     

     

     

    La manufacture aujourd'hui :

    Jusqu'en 2009, la Manufacture nationale de Sèvres fut un service à compétence nationale du ministère français de la culture et de la communication.

    Au 1er janvier 2010, elle forme, avec le Musée national de la céramique, l'établissement public Sèvres - Cité de la céramique en vertu du décret du 26 décembre 2009.

     

    Coupe en porcelaine ouvragée d'époque Empire.
    Elle est composée d'une base fuselée supportant à chaque pointe un ange agenouillé en biscuit, tenant devant lui ses flèches et portant sur la tête la coupe elle-même ( canéphore ) .
    La coupe évoque une corbeille de vannerie en forme de navette fuselée. L'ensemble est blanc, rehaussé de deux filets bleus au bas de la coupe et sur la base, ainsi que de motifs floraux dorée, d'un liseré d'or. Les flèches sont également dorées. 4 pieds en patte de lion. Marque de la manufacture impériale de Sèvres.


     

    Au sein de cet établissement public, sa mission, identique depuis ses origines en 1740, est de produire des objets de céramique d’art selon des techniques artisanales, que ce soit des rééditions de modèles anciens ou bien des créations contemporaines. Elle assure la diffusion de sa production à la fois destinée aux besoins de l’État et à la vente commerciale et se charge de promouvoir la recherche technologique et artistique dans le domaine de la céramique. Ses créations se concentrent sur les pièces de haut de gamme, perpétuant un artisanat d'excellence qui néglige cependant la dimension industrielle de la production céramique.

     

     

    Les créations de la manufacture sont visibles dans seulement deux galeries : la première à Sèvres, et la seconde au cœur de Paris, dans le 1er arrondissement, entre le Louvre et la Comédie Française. La manufacture organise en outre de nombreuses expositions dans le monde, et participe à de nombreux salons et foires d'art contemporain.

     

    Boîte

      

    Neuber Johann Christian (maître en 1762) - Boîte, or et échantillons de pierres dures - Vers 1780


     

    En raison de sa réputation d'excellence et de son prestige, la manufacture a toujours su attirer les meilleurs artistes de son temps. Parmi les plus connus, on peut noter :

     

    En raison de sa réputation d'excellence et de son prestige, la manufacture a toujours su attirer les meilleurs artistes de son temps. Parmi les plus connus, on peut noter :

        


    Bacchante

    Claude-Michel dit Clodion (1735-1814) - Bacchante - Signé et daté : Clodion An XII - Terre cuite

     

     

    Sous le second Empire, il est nécessaire de réformer la manufacture de porcelaine de Sèvres, de la transformer en un établissement industriel à la mesure de son patrimoine et de ses ambitions.

    Plutôt que de modifier les bâtiments originels, on décide d'en construire de nouveaux. Le terrain, soustrait du domaine impérial de Saint-Cloud, est offert par Napoléon III, le projet confié à Victor Regnault, professeur de chimie à l'École polytechnique, les travaux menés entre 1862 et 1880 sur des plans de l'architecte Jacques Félix Alexandre Laudin. Ce sera donc la troisième République qui héritera de la nouvelle manufacture.

    Commence alors l'histoire de la « seconde » manufacture de porcelaine, héritière de la manufacture royale, aboutissement de ce qui est aussi l'histoire d'un matériau, d'une technique et d'un art : la porcelaine.

     

     

    Service de porcelaine de sèvres dit «étrusque» pour la laiterie de Rambouillet

    Au début des années 1780, Louis XVI entreprit de faire construire, sur le domaine de Rambouillet qu’il venait d’acquérir, une laiterie en référence au Hameau du Petit Trianon de Versailles, pour le rendre attrayant aux yeux de son épouse Marie-Antoinette qui déteste ce château, dont elle juge l’allure trop «gothique». il fit construire une laiterie d'agrément qui accueille des chèvres, des vaches et des moutons.

    M. le comte d'Angiviller,confiera les plans de la laiterie et des jardins attenants : à Hubert Robert, peintre et jardinier-paysagiste, et Jacques-Jean Thévenin, architecte du domaine.

     

    vbh

    Pot à lait dit "jatte téton" en porcelaine de Sèvres

    (c) etude aguttes

    Les ateliers de Sèvres seront mit à contribution pour fabriquer un service de porcelaine à laitage de style hellénistique orné d'un décor étrusque ». Jean-Jacques Lagrenée chargé des dessin avait pour tâche à Sèvres de «réformé le goût» en s’éloignant radicalement du répertoire traditionnel. Pour ce service, ils s'inspirent directement de la collection de céramiques grecques réunie en Italie et ramenée en France par Dominique Vivant-Denon , alors diplomate dans le royaume de Naples.

     

    vgfh

    Gobelet à anses etrusque et sa soucoupe. 1787

    porcelaine de sèvres

    (c) etude piasa

    Les animaux qu'il utilise pour décorer le service de la laiterie aux formes simples et pures sont ceux associés au lait (vaches, brebis, chèvres), symbole de fécondité.

     

    vbg

    Bol-sein du service étrusque de la laiterie de Rambouillet

    porcelaine de sèvres, 18ème

    © RMN / Martine Beck-Coppola

     

    Les 65 pièces de porcelaines: coupes, pots, jattes, gobelets, «bols-seins» furent livrées par la manufacture de Sèvres sur deux ans en 1787 et 1788 sans être totalement terminées. Les dernières porcelaines, réalisées en 1791, ne seront pas payées par la Couronne. Elles sont vendues par la manufacture vers 1793 à des particuliers, pour amortir les frais engendrés par la réalisation de cet ensemble. Ce qui explique que si certaines pièces de ce service exceptionnel sont conservées dans des musées, d’autres sont encore en mains privées.

     

    SOURCES POUR CET ARTICLE - MERVEILLEUX BLOG -

    REGARD'ANTIQUAIRE

    http://regardantiquaire.canalblog.com/archives/2011/02/08/20302212.html

     

      

      

      

     

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