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    La mort de madame de Pompadour    


    Dufort de Cheverny témoigne dans ses Mémoires :

     

    « Le roi, par les ordres de qui tout se faisait, savait l’heure ; il était six heures du soir, en hiver, et par un temps d’ouragan    épouvantable. La marquise avait par son testament décidé d’être enterrée aux Capucines, place Vendôme, où elle avait arrangé un superbe appartement. Le roi prend Champlost par le bras ; arrivé à  la porte de glace du cabinet intime donnant sur le balcon qui fait face à l’avenue sur la cour, il lui fait fermer la porte d’entrée et  se met avec lui en dehors, sur le balcon.

      

    Il garde un  silence religieux, voit le convoi enfiler la rue, le suit des yeux jusqu’à ce qu’il perde de vue tout l’enterrement, malgré le mauvais temps et l’injure de l’air auxquels il avait paru  insensible. Il rentre dans l’appartement ; deux grosses larmes coulaient encore le long de ses joues, et il ne dit à Champlost que ce peu de paroles : ‘Voilà les seuls devoirs que j’aie pu lui    rendre !, paroles les plus éloquentes qu’il pouvait prononcer dans cet instant. » (Jean Nicolas Dufort de Cheverny, Mémoires, Perrin,    1990).

     

    Maurice Lever, dans son ouvrage Louis XV, libertin malgré lui (Payot, 2001) précise    que la reine Marie L. écrit au président Hénault, alors que Mme de Pompadour vient à peine d'être enterrée :

     

    « Au reste, il n’est non plus question ici de ce qui n’est plus que si elle n’avait jamais existé. Voilà le monde ; c’est bien la peine de l’aimer ! ».

     

    Remarque : Hénault est l'amant de Mme du Deffand. On peut lire de nombreux articles sur Mme du Deffand et autres "salonnières" dans le  chapitre "Intellectuelles".

     

     

     

     


     

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    Les Favorites Royales - Jeanne de Pompadour : la favorite qui fut ministre de Louis XV

      

      

    Fille de Louise-Madeleine de la Motte et officiellement de François Poisson, la petite Jeanne-Antoinette née à Paris le 29 décembre 1721. D’une grande beauté, sa mère aurait multiplié les liaisons amoureuses.

    L’absence prolongée de François Poisson, qui s’éloignait souvent pour ses affaires – il était commis de banques- à l’époque de la conception de Jeanne-Antoinette rend peu plausible sa paternité. Le père biologique de Mademoiselle Poisson est sans doute soit Pâris de Marmontel soit –et plus probablement- le financier Charles-François-Paul Le Normant de Tournehem qui montra toute sa vie une attention particulière à Jeanne-Antoinette.

    Après la naissance de cette première fille, Mme Poisson eut encore deux enfants dont on ne peut garantir que François Poisson fut le père : Françoise-Louise (née et morte en 1724) et Abel-François (1725-1781). Impliqué dans une sombre affaire d’argent, François Poisson dû quitter la France en 1727 date à laquelle Louise-Madeleine obtient la séparation d’avec son époux.

      

    La petite Jeanne-Antoinette fut envoyée à l’âge de 8 ans au couvent des Ursulines de Poissy à Paris dont les pensionnaires étaient issues des grandes familles. Jeanne-Antoinette y appris à lire et à écrire. Choyée, Jeanne-Antoinette était cependant de santé fragile et en janvier 1730, sa mère dû la reprendre.

      

    C’est à ce moment là que Charles-François-Paul Le Normant de Tournehem prit en main l’éducation de la fillette en lui prodiguant les meilleurs professeurs de maintient, danse et déclamation de l’époque. Mademoiselle Poisson reçu là une éducation parfaite. D’un caractère joyeux, Jeanne-Antoinette enchantait ses proches et manifesta très vite l’envie de fréquenter les salons. Belle, enjouée et douée pour l’art et la conversation, elle faisait sensation.

    Le Normant prit ensuite la décision de marier la jolie Jeanne-Antoinette. Il aurait pût épouser lui-même la jeune demoiselle Poisson mais parce qu’il devait être certain d’en être le père, il la maria à son neveu Charles-Guillaume Le Normand d'Etiolles le 9 mars 1741. Le 26 décembre de la même année, Mme d’Etiolles met au monde un fils prénommé Charles-Guillaume-Louis. Hélas, l’enfant meurt en 1742. Le 10 aout 1744, Jeanne-Antoinette donnera naissance à une fille, Alexandrine-Jeanne. Durant ses premières années de mariage, Mme d’Etiolles fréquente les salons, rencontre Voltaire ou Diderot et adhère à leurs idées nouvelles.

      

    Elle mène une vie effrénée dans un monde mondain rempli de plaisirs.

    Son mari préoccupé par ses affaires –il est financier- est vite écarté par Louise-Madeleine de la Motte et Charles-François-Paul Le Normant de Tournehem. Les parents de Jeanne-Antoinette visent pour la jeune femme d’une grande beauté et d’un charme naturel une place au sommet : celle de favorite royale. Justement la maitresse en titre de Louis XV, la duchesse de Châteauroux vient de mourir.

    C’est en 1745, alors que Charles-Guillaume d’Etiolles est loin de son épouse que celle-ci croise le roi dans la forêt de Sénart lors d’une chasse (à moins que leur première rencontre n’ait lieu au carnaval donné pour le mariage du dauphin). Pour le roi de France, c’est le coup de foudre. Très vite, Jeanne-Antoinette devient la maîtresse de Louis XV.

    Dés cette année, le roi l’installe au château de Versailles et fait annuler son mariage avec Charles-Guillaume Le Normand d'Etiolles. Le 14 septembre, Mme d’Etiolles est officiellement présentée à la cour et à la reine Marie Leszczynska.

    A la cour, la marquise ne comptait qu'une amie : Elisabeth-Alexandrine de Bourbon-Condé, cousine du roi qui partageait ses idées nouvelles. A Versailles, Jeanne-Antoinette organise fêtes sur réceptions pour amuser le monarque. Celle qui est devenue marquise de Pompadour se fait bientôt surnommée « Maman Putain » par les enfants de Louis XV. En effet, ces derniers ne supportent plus les scandales amoureux de leur père en particulier le dauphin et Madame Adélaïde.

    En juillet 1746, l’héritier de la couronne se retrouve veuf. Jeanne-Antoinette propose alors au roi de le remarier avec la princesse de Saxe Marie-Josèphe contre l’avis de la reine. L’union a lieu en 1747 à la grande satisfaction de la marquise de Pompadour.

    Si elle retient le roi, Jeanne-Antoinette n’en aura pas d’enfants. Entre 1746 et 1749 elle connaîtra une ou deux fausse-couche. A partir de 1751, la favorite qui est de santé fragile et souvent incommodée comprend qu’elle ne peut plus retenir le roi.

    Cependant, elle tient à rester à sa place de favorite en titre. Jeanne-Antoinette décide donc de choisir elle-même les petites maîtresses du roi, souvent des jeunes filles sans grande vertu qui ne retiennent pas longtemps le roi. La seule qui l’inquiètera plus qu’une autre sera Marie-Louise O’ Murphy que Louis XV finira par délaisser revenant vers la marquise.

    A la cour, Jeanne-Antoinette s’entoure d’artistes, d’écrivains et de philosophes au grand scandale de bon nombre de courtisans : outre Diderot, Voltaire ou d’Alembert, la marquise convoque des peintres et des architectes pour donner un nouveau gout aux appartements du château. C’est ainsi que né le style « Louis XV » ou « Pompadour ».

    La marquise développe également la manufacture de porcelaine de Sèvres. Si Jeanne-Antoinette n’est plus la maîtresse du roi, elle a su rester l’amie fidèle et s’intéresse bientôt aux affaires de l’Etat : elle prend des décisions politiques, nomme et renvoit les ministres.

    La marquise soutiendra entre autre la carrière du duc de Choiseul et du cardinal de Bernis. Son frère Abel Poisson tire également profit de la situation de sa sœur et devint surintendant des Bâtiments.

    L’Impératrice d’Autriche Marie-Thérèse lui écrira personnellement, sollicitant l’appuie de la France contre la Prusse. Jeanne-Antoinette poussera Louis XV à soutenir l’Autriche : il en résultera la guerre de sept ans de 1756 à 1763. En 1752, la marquise reçoit les honneurs du tabouret réservés aux duchesses. En 1756, elle est nommée dame du palais de la reine. Un drame vient secouer la marquise en 1754 : sa fille Alexandrine meurt d’une péritonite le 14 juin loin de sa mère.

    Mme de Pompadour ne se remettra jamais de la perte de sa fille. Il s’avère bientôt que Jeanne-Antoinette n’est pas fine politicienne même si elle occupe la place virtuelle de premier ministre du roi et siège au Conseil : la France s’endette dans la guerre de sept ans, perd la bataille Rossbach en 1757 et le Canada. La France est dans une crise financière grave : Louis XV doit aller jusqu’à faire fondre son argenterie, geste que fit également la marquise de Pompadour pour donner l’exemple.

    En 1763, le traité de Paris met fin à la guerre de sept ans – tout en humiliant la France qui perdait beaucoup- mais Jeanne-Antoinette est trop épuisée pour se réjouir de la fin de la guerre. Le train de vie de la cour, la lutte permanente contre de potentielles rivales et contre le clan anti-Pompadour (rassemblant les enfants du roi) et la mort de la petite Alexandrine l’ont affaiblit.

    Souffrant de troubles respiratoires et cardiaques, Jeanne-Antoinette est malade continuellement souffrant de bronchites, fièvres et crachements de sang. En février 1764 elle contracte une pneumonie.

    Mme de Pompadour voit Louis XV pour la dernière fois le 14 avril. Après avoir reçu l’extrême-onction, Jeanne-Antoinette meurt le 15 avril 1764 au château de Versailles.

      

    Elle fut la seule favorite à mourir dans la demeure royale.

    Le roi organisa ses obsèques mais ne pu y assister.

    Les funérailles eurent lieux à l’église de Notre-Dame le 17 avril.

    En regardant le convoi funéraire depuis son balcon, Louis XV déclara

    « Voilà les seuls devoirs que j’ai pu lui rendre…une amie de vingt ans ».

    Le souverain manifesta un profond chagrin à la mort de celle qu’il n’avais jamais cessé d’aimer.

      

      

     

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    Jeanne Antoinette Poisson, marquise de Pompadour, par François Hubert DROUAIS, 1763,

    château de Versailles, Versailles.

      

     

    Jeanne Antoinette Poisson, marquise de Pompadour

     

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    Marquise de pompadour
    par Jean-Marc Nattier

     

    Née à Paris en 1721, morte à Versailles en 1764, Jeanne Antoinette d’Etiolles, née Poisson, marquise de Pompadour est la fille de Louise-Madeleine de La Motte et de François Poisson. 1724 voit la naissance de sa soeur Françoise-Louise Poisson qui mourra vraisemblablement très jeune. C’est en 1725 que naît son frère François-Abel, futur comte de Marigny. En 1726 la future marquise de Pompadour entre au couvent des Ursulines pour y suivre ses études.

    François Poisson son père est accusé de malversations financières et condamné le 20 mai 1727 : il s’enfuit à Hambourg. Pendant plusieurs années elle va étudier le chant, la danse, le théâtre, le dessin, la gravure et la littérature. En 1739 son père revient à Paris.

     

    Le 9 mars 1741 elle se marie avec Charles Guillaume Le Normant D’Etiolles, fils du trésorier de la Monnaie et neveu du fermier général Charles-François Le Normant de Tournehem. C’est du reste ce dernier qui a pris en charge la famille Poisson quand le père François s’est expatrié en Allemagne.

     

    Le 26 Décembre 1741 voit la naissance de son premier fils, mais ce dernier ne vivra que quelques mois. Puis c’est sa fille Alexandrine qui naît le 10 Août 1744.

     

    Elle vit une partie de l’année au château d’Étioles près de la forêt de Sénart et

    c’est à cet endroit où Louis XV aime chasser qu’il la remarque. Le 25 février 1745 le roi et la future marquise de Pompadour se rencontrent à un bal masqué organisé en l’honneur du mariage du Dauphin. Louis XV est déguisé en « if », taillé comme ceux de Versailles, elle est en « bergère ».

     

    Invitée une autre fois par le roi elle se laisse séduire par Louis XV. Elle est elevée au titre de marquise le 7 Juillet 1745 et quitte Etiolles pour s’établir au palais des Tuileries. Son mari Charles Guillaume Le Normant d’Etiolles est séparé de corps et de biens de son épouse par sentence du Parlement, est nommé fermier général et doit s’effacer devant Louis XV.

     

    Jeanne Antoinette est présentée officiellement à la Cour de Versailles le 14 septembre 1745 lors des festivités marquant le retour de campagne du roi.

     

    Elle s’entoure de personnages importants : les frères Pâris, dont les avances sont nécessaires aux finances, le cardinal de Tencin et sa sœur, le maréchal de Richelieu [1].

     

     

     

    Femme de goût, elle exerce un véritable mécénat. Elle accueille les écrivains dans l’entresol de son médecin Quesnay ; ce sont eux qui "ont donné le nom de Grand à Louis XIV. Elle apprécie Rousseau dont elle fait jouer Le Devin du village , réconcilie Voltaire avec le roi, qui lui donne la charge d’historiographe et de gentilhomme de la chambre.

     

    Elle passe de nombreuses commandes à Gabriel, à Boucher, à La Tour, au graveur Cochin, à l’ébéniste Œben. Les artistes ont multiplié ses portraits : Quentin Latour, Nattier, Van Loo...

     

    En 1753 aux environs de Noël, la marquise de Pompadour achète l’Hôtel d’Evreux qui est connu de nos jours sous le nom du Palais de l’Elysée.

     

    Une partie des appartements sont transformés par son architecte Lassurance.

     

     

    Les jardins sont aussi largement modifiés avec l’apport de portiques, de charmilles et d’une grotte dorée. Elle léguera cet Hôtel à Louis XV.

     

    Madame de Pompadour a quarante-deux ans en ce mois de février 1764. Elle n’est pas en bonne santé et a souvent des problèmes cardiaques. C’est lors de son séjour à Choisy quelle prend froid. Mais c’est bien plus qu’un simple coup de froid.

     

    Le 29 février elle est prise d’un malaise, elle crache le sang, les diagnostic des médecins est très clair : la marquise est atteinte d’une pneumonie.

     

    La semaine qui suit elle est au plus mal. Louis XV reste à son chevet le plus possible. Il ne faut pas oublier que même si Madame de Pompadour n’est plus la favorite du roi, elle est sans aucun doute sa plus grande amie. Le 10 mars elle est considérée comme perdue. Le 24 mars, elle va mieux et retourne à Versailles. Dans la soirée du 7 avril, la marquise est victime d’une rechute, elle a beaucoup de mal à respirer.

     

    Le 14 avril, Madame de Pompadour fait ajouter un codicille au testament qu’elle a rédigé sept ans auparavant. Elle fait ses adieux à Louis XV et le curé de la Madeleine lui donne l’extrême-onction. Le 15 avril au matin elle a encore la force de recevoir son frère Abel François Poisson, marquis de Marigny, légataire universel de son immense fortune, le prince de Soubise, qu’elle a nommé son exécuteur testamentaire, et le duc de Choiseul, ministre de la Guerre. Elle s’éteint ce même jour à dix neuf heures trente.

     Comme le veut le protocole mis en place par Louis XIV, seuls les rois ou les princes meurent à Versailles.

    Si la marquise de Pompadour est décédée à Versailles c’est en raison d’une amitié de 20 ans avec Louis XV.

    Néanmoins, juste après son décès, elle est transportée discrètement dans son hôtel particulier des Réservoirs.

     

    C’est le 17 avril 1764 que les obsèques de la marquise auront lieu à l’église Notre-Dame dont l’intérieur a été entièrement tendu de noir. Le cortège funèbre se compose de cent prêtres, de vingt-quatre enfants de choeur, des quarante-deux domestiques de la défunte en livrée de deuil et de soixante-douze pauvres de la paroisse.

     

    A l’issue de la cérémonie, à six heures du soir, le cercueil est placé dans un carrosse à dais ducal, attelé de douze chevaux caparaçonnés de moire d’argent et précédé par quatre gardes suisses. Madame de Pompadour doit reposer, selon son souhait, au couvent des Capucins de la place Vendôme, à Paris.

     

    La pluie et le vent n’empêchent pas Louis XV de sortir sur le balcon de la cour de Marbre du château pour le regarder s’éloigner sur l’avenue de Paris. Le roi ne bouge pas jusqu’à ce que la procession disparaisse. Il pleure : « Voilà les seuls devoirs que j’ai pu lui rendre. Pensez, une amie de vingt ans ! »

      

      

     

    SOURCES

    http://www.histoire-en-ligne.com/spip.php?article263

     

     

     

     

     

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